Le tour de France 2010 de la carte d’achat
| Rédigé par Jean-Claude Streicher le Mercredi 10 mars 2010 |
Depuis 2007, l’Apeca (Association des professionnels européens de la carte d’achat) ne tenait que des conférences annuelles ou des états généraux. Mais cette année, avec la DGFiP, elle met les bouchées doubles en organisant un tour de France en 9 étapes.
Cinq de ces neuf étapes sont déjà officiellement programmées : Bordeaux le 15 avril, Marseille le 4 mai, Paris le 15 juin, Toulouse le 21 septembre et Nantes le 30 septembre. Ce sera un Tour de France non pas seulement de la carte d’achat, mais également de la dématérialisation au sens large. Dans chaque ville, les conférences traiteront donc aussi de la commande publique, de la dématérialisation des factures et des appels d’offres ainsi que la mise en place du SEPA (Single Euro Payments Aera). Comme les années précédentes, ce Tour de France sera enfin l’occasion à Paris de remettre les Trophées 2010 de la carte d’achat, dans leurs trois catégories (secteur public, entreprises et fournisseurs).
Onze sponsors soutiennent l’opération : American Express, Caisse d’Epargne, Camif Collectivités, Crédit Mutuel-CIC, Fiducial, e-Megalis Bretagne, Groupement Carte Bancaire, HBCC, Office Dépôt, Orecax et Oxalys. De son côté, la DGFiP (Direction générale des finances publiques) va mobiliser tous ses correspondants locaux.
Son implication signifie que Bercy a plus que jamais l’ambition de hisser l’usage de la carte d’achat en France au même niveau que la Grande-Bretagne. A l’instar de son homologue, l’Etat français a d’ailleurs lui aussi sélectionné en janvier 2009 une seule offre, celle de BNP Paribas (opérée par Atos Worldline), pour l’ensemble des ministères et des services de l’Etat. Au demeurant, c’est une offre spécialement calibrée pour le secteur public. Elle ne gère que deux niveaux de fonctionnalités : le niveau 1 pour les petits achats de proximité et le niveau 3 (avec un relevé mensuel détaillé des opérations, directement intégrable dans la gestion comptable pour le contrôle automatique des prix) pour les achats récurrents et non stratégiques (fournitures de bureau et informatiques). Cette offre écarte donc le niveau 2, dont le relevé mensuel détaille les montants ht, TVA et ttc. Elle est déjà largement utilisée par le Minefe et le CNRS. Parallèlement à la notification du marché BNP Paribas, l’AIFE (Agence pour l’informatique financière de l’Etat) a décidé d’intégrer la gestion des cartes d’achat dans la version 4 de l’ERP Chorus, qu’elle est chargée de déployer dans les ministères.
Cet accent mis sur la sphère publique se comprend : la carte d’achat permet de court-circuiter les fastidieuses procédures de mandatement papier (autorisation d’achat) propres à l’administration, de concentrer enfin ces achats sur un petit nombre de fournisseurs référencés, de mieux contrôler les dépenses et de raccourcir les délais de paiement à cinq jours. L’Ugap, la grande centrale d’achats publics généraliste, l’intègre donc également à son offre de services, mais seulement pour les achats de fournitures bureautiques opérés par internet, auprès de Fiducial notamment.
Bercy s’est fixé un objectif de 10 000 porteurs en France d’ici à la fin de l’année. Il ne sera sans doute pas réalisé. Michel Pauchet, directeur financier et comptable de l’Ugap recommande en tout cas de ne dépasser le seuil des 1000 euros par achat. A chaque transaction, l’opérateur bancaire prélève en effet des commissions sur l’acheteur et le fournisseur, qui sont donc d’autant plus rémunératrices pour lui que l’achat est important. Mais la possibilité de recevoir le relevé mensuel des opérations sous forme électronique est encore peu utilisée, obligeant par conséquent à une resaisie manuelle des données dans l’outil comptable. A fortiori, la dématérialisation fiscale des factures, proposée en option par BNP Paribas, est toujours au stade de la théorie.
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