Pil@e prêt pour la phase pilote

Rédigé par Jean-Claude Streicher le Lundi 14 janvier 2008

Les spécifications fonctionnelles étant bouclées, Pil@e, le Pilote d’archivage électronique des documents nativement électroniques produits par l’Etat va pouvoir entrer en phase de test. Il veut aussi être un modèle pour le secteur privé.

Le marché de Pil@e a été attribué en septembre 2006 à Cecurity.com et à IBM comme sous-traitant de la partie infrastructure de stockage. C’est donc Cecurity.com, qui a pris en charge la phase initiale de spécification fonctionnelle, sous l’égide de la direction des Archives de France et en liaison avec la DGME, maître d’ouvrage. C’est également lui qui a développé tous les compléments logiciels nécessaires.

« Cette phase est la plus complexe », assure Françoise Banat-Berger, chef du département de l’innovation technologique et de la normalisation à la direction des Archives de France. Elle a consisté à modéliser le traitement des flux entrants, qui seront évidemment de toute nature (courriels, fichiers bureautiques, applications métiers, documents provenant de GED) et de toutes provenances administratives.

Cette phase est maintenant achevée. Pil@e se coulera dans le modèle conceptuel OAIS (Open Archival Information System) de l’Iso, issu de l’industrie aérospatiale. Ce modèle structure en effet les trois grandes fonctions de l’archivage (le dépôt, la conservation et la restitution), avec les méta-données et les processus d’acquittement afférents.

Les documents versés seront formatés dans des enveloppes XML contenant les métadonnées et les données, convertis vers des formats cibles d’archivage nécessaires à leur pérennité s’ils n’ont pas été produits dans ces formats (par exemple, PDF/A pour le texte, ou JPeg, PNG, TIFF pour l’image), puis scellés par le coffre fort électronique avec leur empreinte et leur horodatage. Les acceptations de transfert par les services d’archives feront l’objet d’une signature électronique, équivalent numérique de la signature manuscrite des bordereaux de versement utilisés jusqu’alors pour les archives papier.

L’infrastructure de stockage offre dans un premier temps 4 To de capacité, mais elle pourra évoluer sans changement d’architecture jusqu’à 30 To. Elle se composera de quatre serveurs disque en miroir (une réplication intra-site et une autre inter-site) aux Archives nationales dans le Marais à Paris et à St-Quentin-en-Yvelines à la DSI des Archives de France. Mais pour la phase pilote qui démarrera en juin prochain, Pil@e sera administré depuis un site de Fontainebleau.

Cette phase durera jusqu’en 2012, où Pil@e sera remplacé par une super plate-forme d’archivage électronique de l’Etat située le nouveau centre des Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine. Outre une capacité de stockage très supérieure, cette plate-forme comprendra des fonctionnalités complémentaires et permettra, à un niveau d’intégration qui reste à définir, la recherche d’archives qu’elles soient papier et électroniques, à partir du même poste de consultation.

« Nous avons tenu à spécifier un outil d’archivage électronique générique, s’adaptant à tous les formats de données, résume François Banat-Berger. Il pourra servir de modèle aux tiers archiveurs, aux entreprises comme aux archives des collectivités territoriales. » C’est ainsi que Pil@e ne se différencie du projet Spar de la BNF François, que dans la mesure où ce dernier vise des volumes encore plus importants et plus diversifiés, dont le fonds des ouvrages numérisés de Gallica, le fonds audiovisuel de la BNF et le dépôt légal du web francophone.  


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