Pixid : le standard du travail temporaire

Rédigé par Grégoire Naudin le Jeudi 23 novembre 2006

La plate-forme de dématrérialisation montée par Adecco, Manpower et VediorBis a pour particularité de baser ses échanges uniquement sur des messages standardisés par HR-XML.org. La plate-forme traitera en décembre quelque 10.000 échanges de contrats, et vise le million de documents pour 2007.

Pixid constitue un exemple à méditer : dans l’établissement des normes de messages qui devaient circuler sur la plate-forme RH, ses trois fondateurs ont opté pour des standards dérivés des travaux de HR-XML.org, et notamment SIDES (Staffing industry data exchange standards), adaptation de HR XML au monde de l’intérim. Les modèles de données utilisés aujourd’hui sur Pixid dérivent du groupe de travail HR-XML Sides France. Une situation favorisée par le fait que la profession n’avait pas à tenir compte d’un existant technique sur ce type d’échanges. Corollaire intéressant pour Pixid : la gestion d’un seul format d’échange en entrée et en sortie limite les coûts.

Cinq types de messages transitent via la plate-forme :
- les commandes
- les contrats de mise à disposition (contrat de délégation d’intérim entre l’ETT* et le client final)
- les relevés d’heures
- les relevés d’heures valorisés (correspondant à un facture pro forma)
- la facture elle-même.

Notons que les contrats de travail eux-même ne transitent pas par Pixid : son objectif est surtout de fluidifier les échanges de données de relatives à la commande et à la facturation, principalement pour permettre aux clients finals de gagner en visibilité sur leurs achats d’intérim (comme elles l’ont déjà sur leurs CDD/CDI) et faire respecter les contrats-cadres passés avec les ETT.

Les échanges de serveur à serveur sont encore rares : les clients qui utilisent Pixid sont d’abord passés par une phase de validation du concept. L’interconnexion étroite avec leurs systèmes RH interviendra dans un 2e temps.

Prendre 10 à 15 % du marché
Les ambitions de Pixid restent raisonnables : il s’agirait de prendre à terme 10 à 15% du marché. Pour donner quelques chiffres, un "gros" consommateur d’intérim représente entre 30 et 200 M€ par an, soit entre 1.000 et 6.000 équivalents temps plein (ETP). Il faut savoir que chaque ETP entraîne en moyenne l’édition de 100 documents par an. En décembre 2006, Pixid prévoit de traiter 10.000 contrats, et atteindre 1 million de documents sur l’année 2007. En 2008, elle devrait en traiter le triple, avec 200 à 300 sociétés utilisatrices, grosses ou moyenne consommatrices (une "moyenne" consommant entre 50 et 100 ETP par an). Les 10 à 15% du marché que vise Pixid correspondent entre 50.000 et 80.000 ETP par an, un niveau suffisant pour rentabiliser la plate-forme.

Côté modèle économique, Pixid fait payer les deux parties : ETT et clients. En plus d’un abonnement, tous acquittent un prix au document. Pour donner un ordre de grandeur, une société consommant 10 M€ en intérim par an payerait 10.000 € d’abonnement, et 30.000 € de transaction, avec à la clef, si elle utilise correctement la plate-forme, environ 300.000 € d’économies. Les économies découlent de gains de productivité sur les étapes de traitement (plus de resaisie, par exemple), mais certains client y voient surtout un moyen de maîtriser les embauches de sociétés d’intérim et d’éviter les commandes "sauvages".

Les utilisateurs finals du système ne sont pas forcément les DRH : il s’agit avant tout des opérationnels et des RH de sites, ensuite les contrôleurs de gestion et les comptables, et seulement enfin la DRH et la direction des achats.

* Entreprise de travail temporaire (on utilise plus couramment "agence" de travail temporaire)

- www.pixid.fr


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