La carte d’achat progresse, mais ne s’improvise pas
| Rédigé par Jean-Claude Streicher le Mardi 6 juillet 2010 |
Tous les indicateurs d’usage de la carte d’achat dans le secteur public ont fortement progressé en 2009 par rapport à 2008. Ses avantages y sont en effet particulièrement sensibles. Sa mise en oeuvre réclame, toutefois, un minimum de méthode.
Selon la DGFiP (Direction générale des finances publiques), les administrations centrales et les collectivités territoriales ont en 2009 procédé à près de 69 millions d’euros d’achats par carte d’achat, soit une progression de 58 % par rapport à 2008. A fin 2009, 256 programmes (ou entités acheteuses) pouvaient en effet être dénombrés, soit 62 % de plus qu’en 2008. Le nombre des transactions a été d’un peu plus de 150.000, soit un gain de 27 %. Quant au panier mensuel moyen d’achat, il s’est monté à 457,41 euros, soit 25 % de plus qu’en 2008.
Le ministère de la Défense reste le plus actif avec 650 cartes d’achat et 15 programmes déployés fin 2009. L’an dernier, il a totalisé 5.788 transactions pour un montant de 5,29 millions d’euros, contre 2.942 et 1,7 millions d’euros respectivement en 2008. Il ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Après les achats de fournitures de bureau, de papier, de fournitures informatiques et de laboratoire, de vivres, de transport de colis et d’emballages, outre les menues dépenses urgentes de proximité, il compte en effet intégrer cette année l’achat de matériel informatique, de fournitures médicales, de petit outillage et de billeterie. En 2010, il étendra également la carte d’achat aux bases de défense, d’autant que depuis le début de l’année le PGI Chorus de l’Etat permet un traitement entièrement dématérialisé de ses relevés mensuels (même si pour l’instant Chorus connait un certain nombre de dysfonctionnements qui retardent considérablement le processus de paiement).
C’est d’ailleurs dans le secteur public que ses avantages sont les plus palpables. Grâce à elle, l’ordonnateur n’envoie plus qu’un seul mandat (ordre de payer) au Trésor pour tous les achats du mois, contre un mandat par achat auparavant. Sur les achats simples, le ministère de la Défense a en donc d’ores et déjà réduit le nombre de 91 %. Il a également autant de factures de moins à traiter et le relevé des opérations peut être relié automatiquement aux commandes. Le ministère est ainsi en mesure d’amortir les réduction d’effectifs dans ses chaînes de soutien.
Il n’en reste pas moins que la carte d’achat doit être mise en oeuvre avec méthode et constance. « C’est une nouvelle façon de travailler avec les fournisseurs, explique Olivier Viallon, administrateur carte d’achat au ministère de la Défense. Il faut réécrire les procédures, former les comptables et les porteurs, communiquer continuellement. L’administration ne doit pas laisser le fournisseur seul face à la banque. »
Pour Marianne Vercamer, directeur de l’exécution budgétaire du département financier du Conseil général des Yvelines, il n’est pas nécessaire de mettre en place une équipe projet. « Mais il faut quand même un pilote dans l’avion », dit-elle. Dans cette collectivité territoriale, le déploiement de la solution dans 80 services, mais avec un seul porteur de carte par site, a ainsi pris un an. Le projet est porté par la direction financière, car les achats avaient peur de perdre le pouvoir de la commande. Le payeur départemental a été associé à la démarche. Une assistance téléphonique a également été constituée. Elle est surtout utile aux porteurs. « Il faut donc former beaucoup d’acteurs », complète Marianne Vercamer. Mais une fois que le système est rodé, plus personne ne veut revenir au papier pour l’exécution des marchés. »
Attention toutefois au problème de la réversibilité. Il faut être sûr de pouvoir reprendre l’intégralité de ses données en cas de changement d’opérateur bancaire. Ce qui n’est forcément garanti en passant d’un système Visa-Mastercard à un système Carte bancaire.
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