Hitachi, EMC et l’archivage : quelles différences ?

Rédigé par Jean-Claude Streicher le Lundi 28 juin 2010

Deux grandes plates-formes s’opposent désormais pour l’archivage de long terme : EMC Centera et Hitachi Content Platform (HCP). La seconde met en avant sa totale conformité aux standards ouverts et sa réversibilité immédiate et sans frais.

Tout oppose finalement les deux solutions. Celle d’EMC remonte au début des années 2000 et s’est largement imposée sur le marché. La seconde résulte du rachat en 2006 par Hitachi Data Systems (HDS) d’Archivas, jeune poussée créée par des chercheurs de la Nasa et de l’industrie aéronautique américaine, qui avaient participé, avec HDS, à l’élaboration du modèle de référence OAIS (Open Archival Information System).

Ce modèle a normalisé pour la première fois les rôles des utilisateurs et de l’administrateur des systèmes d’archivage électroniques (SAE), la composition des objets numériques destinés à être préservés sur le long terme et toutes les méta-données associées pour gérer leur cycle de vie et garantir leur intégrité dans le SAE.

Le SAE d’Archivas était donc entièrement conforme à l’OAIS (Service Stockage). HDS l’a continué, d’abord sous le nom de Hitachi Content Archive Platform (HCAP), puis de Hitachi Content Platform (HCP). D’où une première différence : HCP se revendique d’OAIS, mais pas EMC Centera.

Les différences sont également technologiques. A chaque dépôt d’un fichier, HCP calcule et conserve son empreinte (signature) dans les méta-données associées. Elle permettra de vérifier sa non-modification dans le temps. La plate-forme Centera, elle, applique un mécanisme CAS (Content Addressed Storage), qui calcule une empreinte-adresse des fichiers selon leur contenu. Le CAS garantit un accès direct via un identifiant unique, mais peut enregistrer plusieurs fois un fichier strictement identique avec un nom différent. Et sans un artifice, il n’arrive pas à distinguer deux fichiers portant la même signature.

EMC Centera, d’autre part, dédie un couple de serveurs à la consultation des archives et d’autres serveurs au stockage. Ce qui crée un goulot d’étranglement avec la montée des volumes et la multiplication des serveurs de stockage. Ces derniers présentent en outre la particularité d’intégrer les disques durs. L’un ne peut donc être changé sans l’autre. A l’inverse, la plate-forme HCP sépare les supports de stockage des archives et de leur gestion. Elle permet donc de faire cohabiter différentes générations de serveurs et de supports de stockage. « Elle permet de monter soit en volumétrie, soit en puissance ou les deux en même temps, souligne Bertrand Le Quellec, chef de produits HCP, NAS et sauvegarde chez HDS. Elle permet donc de lisser les investissements. »

Enfin dernière grande différence : chez EMC, la migration et la réversibilité des archives sont tributaires d’API propriétaires, donc onéreuses, même si elles se basent désormais sur le standard XAM de la SNIA (Storage Networking Industry Association). Chez HDS, au contraire, les archives peuvent être reprises à tout moment et sans frais. HDS suit les règles CSI (Cloud Storage Initiative) de la SNIA pour la migration des données via des architectures orientées services (SOA).

Les entreprises, qui ont adopté des solutions Centera il y a quatre ans, ne prennent conscience que maintenant de ces inconvénients. Elles voudraient en changer, mais ne le peuvent pas. Bertrand Le Quellec cite ainsi l’exemple d’un grand compte, qui a lancé récemment un appel d’offres de migration, mais qui a du y renoncer faute de s’être vu proposer une solution d’un coût abordable.

La HCP ne comprend pas de logiciel de gestion métier du cycle de vie des archives, de type EMC Documentum. Elle s’interface par contre avec l’ILM de SAP ou les outils d’archivage partenaires tels qu’EverSuite d’Ever Team pour les informations orientées comptabilité-finances, ADA d’Atempo pour les productions vidéo et STS Suite de STS Group pour les déploiements paneuropéens.


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La dématérialisation de documents s'accélère (factures, courriers, contrats, télé-procédures). Leur mise en oeuvre est à la convergence de trois savoir-faire : la GED, l'archivage et la gestion des flux. C'est un monde à découvrir.


Alain Laidet, fondateur, E-Business Info.