Sterling Commerce passe dans le giron d’IBM Websphere
| Rédigé par Jean-Claude Streicher le Lundi 31 mai 2010 |
AT&T (ex-SBC) se retire des échanges B-to-B, en cédant Sterling Commerce à IBM pour 1,4 milliards de dollars, alors que SBC l’avait acquis en 2005 pour 3,9 milliards de dollars. Du coup, le groupe Carrefour fusionne deux de ses prestataires.
En rachetant Sterling Commerce en 2005, SBC (Southwestern Bell Communications, ensuite renommé AT&T) croyait mettre la main sur le futur leader mondial de l’e-commerce. Sterling Commerce pouvait alors revendiquer 42 000 clients. Mais au moment d’être repris par IBM, il n’en compte plus qu’un peu plus de 18 000, pour un milliard de transactions pas an ! Sans doute, dans ce portefeuille, trouve-t-on une plus forte proportion de grands comptes (Heinz, Valet Automotive, Sony, Toshiba, Pitney Bowes, Bank of China…).
Mais force est de reconnaître qu’AT&T, en dépit d’importants investissements logiciels, n’a pas vraiment réussi à conduire son acquisition sur les pentes de la croissance. A preuve, Sterling Commerce avait publié en 2005 un chiffre d’affaires de plus de 680 millions de dollars. En 2008, celui-ci n’était plus que de 633 millions.
Sur le papier, Sterling Commerce apporte beaucoup de choses à son repreneur : un catalogue de près de 200 connecteurs vers des applications tierces, le service Sterling Connect (transfert industrialisé de fichiers en FTP), des services d’EDI pour le secteur bancaire, l’industrie et la distribution, le réseau Sterling Collaboration Network, ainsi que l’offre Sterling Selling & Fullfillment de gestion en mode hébergé du marketing, des commandes et des approvisionnements.
Ces offres pourront peut-être profiter de la BI opérationnelle d’IBM. Mais elles ne constitueront plus une activité autonome. IBM va les intégrer dans sa division Websphere Software de serveurs d’applications, de middleware et de logiciels verticalisés. Ils apporteront, dit le communiqué, de nouvelles fonctionnalités aux socles technologiques d’IBM. IBM pourra proposer à ses propres clients de nouvelles solutions multi-canal puissantes. A l’inverse, il accompagnera les clients de Sterling Commerce et leur donnera la possibilité de profiter de ses propres solutions. Mais il ne reprendrait que 2 500 personnes sur 2 700.
Avec Chantelle et BNP Paribas, le groupe Carrefour était le principal client de Sterling Commerce en France. Le distributeur l’avait en effet retenu comme opérateur EDI pour ses échanges avec les fournisseurs de l’ensemble de ses enseignes en France. L’intégration des Sterling Commerce Managed Services à IBM devrait lui simplifier la vie, puisque IBM est déjà depuis juin 2009 l’infogérant du distributeur. Le groupe Carrefour lui a en effet confié pour cinq ans la transformation, la virtualisation, l’exploitation et l’hébergement à Montpellier de son SI logistique. Contrat qui comprend également la mutualisation de certaines fonctions entre Carrefour France, Espagne, Italie et Belgique.
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