Les élus locaux, fracturés du numérique ?

Rédigé par Jean-Claude Streicher le Mardi 27 avril 2010

C’était le thème d’une table ronde organisée par l’Artesi le 14 avril dernier au Parc Floral de Paris, à l’occasion des 14èmes assises de l’Association des maires de l’Île-de France. Mais suffit-il de reprocher aux élus locaux de bouder Facebook et le web 2.0 ?

Nos élus locaux ne seraient donc pas assez tendance. Trop rares sont encore ceux qui acceptent de dialoguer avec leurs administrés à travers le mail, Facebook, les blogs, les mobiles et autres nouvelles commodités web 2.0. L’Artesi (Agence régionale des technologies de l’information, "associée du Conseil régional francilien") en a fait son cheval de bataille du moment dans le cadre de ses missions de diffusion des TIC. Car la démocratie locale, explique-t-elle, tend à s’essouffler dans ses modalités traditionnelles et ne saurait être redynamisée qu’en s’inscrivant dans la nouvelle web-attitude.

NKM, notre secrétaire d’Etat au développement de l’économie numérique, faute de pouvoirs plus larges, abonde dans le même sens. Elle a inauguré Proxima Mobile, le portail des services aux citoyen par téléphonie mobile, et organisé au Sénat les Ateliers de l’élu 2.0.

Ces initiatives sont sans doute utiles au développement de la société numérique. Mais s’agit-il seulement d’être dans le vent ? Le 20 avril dernier, à l’occasion des Etats généraux 2010 de l’association EuroCloud, Guy Schmitt, cofondateur du CoTer Club, le Club des DSI des collectivités locales et territoriales, a tenu a rappeler que les vrais enjeux pour les élus locaux étaient d’un autre ordre : améliorer la démocratie, certes, mais aussi faire des économies, simplifier les démarches, permettre leur suivi en ligne, normaliser les documents, optimiser leur archivage, externaliser les applications, aller vers plus de syndication, de durabilité…

Il faut donc faire des choix, les faire accepter en interne, des élus, des chefs de services, des agents, des informaticiens… Il faut prendre des risques. "Mais les collectivités locales, observe Guy Schmitt, ne savent pas gérer le risque, ni l’évaluer."

Il y a pourtant un levier pour sortir de l’immobilisme : l’incontournable obligation de gérer la relation citoyen. Les collectivités ne peuvent oublier, en effet, pour qui elles travaillent : le citoyen. Elles ont besoin de savoir ce qu’il coûte et ce qu’il consomme. En conséquence, le CoTer Club recommande de commencer par l’e-formulaire. "Il suffit ensuite de tirer sur la ficelle, souligne son cofondateur. De déterminer ce qu’il faut faire après."

L’offre de services web permettant de créer des services citoyens est désormais abondante. Pas besoin donc de tout redévelopper en spécifique. Les collectivités pourront mixer les applications gardées en interne et les applications externalisées et partagées, en veillant que ces dernières offrent toute la modularité et l’intégrabilité requises. A cet égard, la loi de réforme territoriale devrait ouvrir de nouvelles possibilités, en permettant la mutualisation par simple convention. "Google, eBay et autres, complète Guy Schmitt, devront faire partie des solutions d’e-administration. Pas besoin d’attendre encore dix ans pour offrir le suivi des démarches en ligne."

- www.coter-club.org


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La dématérialisation de documents s'accélère (factures, courriers, contrats, télé-procédures). Leur mise en oeuvre est à la convergence de trois savoir-faire : la GED, l'archivage et la gestion des flux. C'est un monde à découvrir.


Alain Laidet, fondateur, E-Business Info.