EMC a repensé sa gestion du cycle de vie des mails

Rédigé par Jean-Claude Streicher le Dimanche 27 septembre 2009

A l’offre EMC EmailXtender d’archivage des mails a succédé la suite intégrée SourceOne, non plus en silos, mais dans une architecture extensible par grande fonction.

Les solutions de gestion du cycle de vie des mails se multiplient, puisque les entreprises ne maîtrisent plus la croissance exponentielle du volume de leurs correspondances électroniques. Mais il faut bien voir que ces solutions peuvent différer dans leur approche. La nouvelle suite EMC SourceOne diffère ainsi de celles proposées par CA-Symantec, HP et Mesaging Architects, dont nous avons déjà parlées.

EMC prend d’ailleurs lui-même le contre-pied de l’offre EmailXtender, qu’il commercialisait jusqu’à présent et qui est issue du rachat de Legato Systems en 2003. C’était une solution en silo, qu’il fallait répliquer pour augmenter sa capacité, mais qui perdait alors l’unicité d’accès. SourceOne, introduite en avril dernier, corrige ce défaut. Elle repose sur une architecture haute disponibilité évolutive, permettant de rajouter des serveurs à chacune de ses grandes fonctions, sans avoir à reconstruire l’ensemble. Cette architecture distingue ainsi les serveurs « masters » et « workers » de capture, les bases de données et les serveurs d’archives, d’indexation, de recherche et de restauration. Mais en arrière-plan, les systèmes de stockage sont toujours des baies disques Worm EMC Centera.

SourceOne autorise trois modes de capture : la copie en temps réel des mails entrants et sortants sur le serveur d’archives (les mails entrants sont alors copiés avant même d’être présentés à leur destinataires, ce qui est une garantie de non-modification) ; la copie planifiée (une fois par jour, à partir du serveur de messagerie Exchange, Sharepoint ou Lotus Notes) ; et la copie manuelle (l’utilisateur peut alors ranger certains mails dans un dossier, dont il détermine lui-même la durée de conservation). La copie en temps réel est recommandée pour s’épargner les inévitables problèmes posés par une politique de quotas (volume de mails pouvant être gardés sur les PC dans des fichiers .pst ou .nsf). Cette copie en temps réel peut être générique ou ciblée, de 10 (les VIP) à 150.000 utilisateurs.

Ces trois modes de capture intègrent évidemment la déduplication des mails et des pièces jointes. Mais pour pouvoir s’affranchir d’une politique de quotas et ainsi économiser l’espace disque du serveur de messagerie, SourceOne permet également de créer des raccourcis vers les pièces jointes versées dans le serveur d’archives. De créer un raccourci .html universel vers ce serveur d’archives, pour pouvoir consulter ses mails et leurs pièces jointes depuis n’importe quel terminal, y compris mobile. Les pièces jointes peuvent aussi être gardées en cache local.

SourceOne déduplique les pièces jointes cryptées, mais sans pouvoir les indexer. Un mail modifié n’écrase pas sa version précédente. Si les mails sont convertis dans les formats EMC Centera, leur pérennité est garantie. Toutes les opérations les concernant sont tracées. Mails et pièces jointes sont versés dans un container mensuel, se vidant automatiquement à l’expiration du délai de conservation qui lui a été attribué. Ainsi, sans prétendre être un coffre-fort électronique NF Z42 013, la solution SourceOne assure-t-elle une conservation à valeur probante.

Un module de recherche, Discovery Manager, est également fourni pour ressortir les bonnes preuves rapidement. Conçu pour le marché américain, il permet de répartir les documents extraits entre plusieurs investigateurs, qui peuvent les taguer et geler leur conservation, mais non les effacer. Dans un premier temps, SourceOne a surtout en France un marché de remplacement. Il se complètera ultérieurement d’un module Collector pour retrouver des documents dans d’autres serveurs de contenu. Aussi, choisira-t-on sa solution d’archivage, non pas en fonction de sa beauté apparente, mais bien de la politique d’archivage et de records management qu’on se sera préalablement fixée.


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La dématérialisation de documents s'accélère (factures, courriers, contrats, télé-procédures). Leur mise en oeuvre est à la convergence de trois savoir-faire : la GED, l'archivage et la gestion des flux. C'est un monde à découvrir.


Alain Laidet, fondateur, E-Business Info.