Deskom dans la rechange automobile indépendante
| Rédigé par Jean-Claude Streicher le Mercredi 15 juillet 2009 |
Pour améliorer leur productivité, les acteurs de la rechange et revente indépendantes de pièces automobiles se sont organisés en filière. Avec Deskom, ils passent maintenant à la dématérialisation fiscale des factures.
Dès 1996, ils se sont regroupés dans le Golda (Groupement pour l’optimisation des liaisons dans la distribution automobile), structure paritaire qui rassemble aujourd’hui 60 fabricants de pièces détachées (dont Bosch, SKF et Valeo) et 1.800 établissements clients, qui peuvent être à la fois des enseignes comme Norauto, des groupements et des distributeurs stockistes.
Puis en 2003, la filière a adopté la plate-forme d’échanges TecCom, fondée en septembre 2000 par une quinzaine de fournisseurs de pièces de rechange du marché allemand et opérée par un prestataire dédié TecCom GmbH, basé près de Munich. La filière n’avait donc plus à rougir devant Galia, l’organisme de standardisation des moyens d’échange de produits et d’informations de l’industrie automobile française. Elle faisait même mieux puisqu’elle mettait en place un guichet unique fondé sur un même standard Internet basé sur le langage XML, le CAP (Common Aftermarket Protocol), défini en 2002 par 4 groupements européens et 32 fabricants, alors que sur Galia chaque constructeur a gardé ses spécificités.
En France, TecCom dut d’abord répondre aux demandes du dépannage urgent. Puis est apparue la nécessité d’offrir une gestion partagée des approvisionnements avec la possibilité de déléguer au fournisseur la gestion des stocks de leurs clients. Pour la déployer, l’association Golda s’est transformée fin 2008 en SAS, où elle a accueilli TecCom à hauteur de 25 %, les fabricants en gardant 25 % et les distributeurs 50 %.
Depuis début 2009, les entreprises ont ainsi à travers ce guichet unique la connaissance en ligne des tarifs et des stocks disponibles. Elles émettent et reçoivent les commandes, les avis de réception et d’expédition en messages CAP/XML ou Edifact. Mais dès 2006 s’est également imposée la nécessité de dématérialiser les factures. TecCom a proposé sa solution, mais elle n’a pu être retenue pour différentes raisons. « Une solution purement technique, explique Patrick Schuller, directeur des opérations de Deskom, ne peut réussir. Il faut aussi une coordination très forte du projet, faciliter l’adhésion des partenaires, ne pas trop leur demander et savoir séquencer le déploiement, car tout se joue sur la rapidité des mises en production. » Pour sûr, TecCom n’avait pas l’expertise de ce pilotage. C’est donc la solution Deskom, qui a été préférée.
L’enjeu porte sur 2,3 millions de factures par an. Les gros fournisseurs les émettent en EDI, mais les clients finaux doivent pouvoir les recevoir en EDI pour pouvoir les rapprocher automatiquement avec leurs livraisons et les injecter dans leur ERP ou en PDF signé pour pouvoir les visualiser. « Nous visons d’emblée la dématérialisation fiscale des factures, souligne Patrick Petit, dg de Golda SAS, car elle profite équitablement aux deux parties, contrairement à la dématérialisation simple qui avantage surtout l’acheteur. »
Elle a commencé entre les fabricants et les centrales d’achats et peut être réalisée en un mois. Les factures papier sont encore gardées deux mois, puis elles peuvent être définitivement supprimées. La dématérialisation de la facturation aval, en PDF signé, sera engagée en fin d’année. La plate-forme Deskom intègre le contrôle des identifiants de tous les intervenants. Elle envoie également à Golda la liste des factures qui n’ont pu être rapprochées pour permettre à Golda de vérifier que Deskom n’en a perdu aucune. Deskom fournit enfin un reporting d’activité détaillé et rend compte de son traitement des demandes de support.
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