L’Afnet réclame un plan d’actions Boost-France
| Rédigé par Jean-Claude Streicher le Mardi 7 juillet 2009 |
Initiatrice du programme Tic@PME2010, l’Afnet demande à le prolonger d’un plan d’actions Boost-France, pour sortir le pays de la crise.
Quinze millions d’euros ont été consacrés par le ministère de l’industrie au programme Tic@PME2010. Il visait à développer les pratiques collaboratives numériques normalisées entre donneurs d’ordres et sous-traitants au sein de 25 filières. Il est arrivé à son terme avec certaines belles réussites.
« L’effort initial d’adoption du numérique par les PME a été fait, résume Pierre Faure, le président de l’Afnet (Ass. des utilisateurs francophones du net), qui a été l’inspiratrice de ce programme. Mais ce n’est pas gagné. Il faut pérenniser les investissements réalisés, accélérer l’appropriation du numérique, condition indispensable à la sortie de crise. »
Le secteur aéronautique l’a bien compris. Après s’être doté, dans le cadre du programme Tic@PME2010 justement, de la plate-forme collaborative Boost-Aéro, il est déjà entré dans l’étape suivante. Le voilà qui met en place un hub européen, Boost Aero Space, avec tous les majors du secteur (Airbus, Dassault Aviation, EADS, Safran, Thales). Coordonné par l’Afnet, celui-ci offrira dès 2009 des services collaboratifs mutualisés de haut niveau pour la conception, la logistique et la relation-client, alors que Exostar, le hub américain, se cantonne à la logistique.
Les grandes filières comme l’aéronautique et l’automobile sauront toujours se débrouiller toutes seules. Mais pas les autres, insiste Pierre Faure. Elles continuent d’avoir besoin d’une politique de soutien, faute d’être balayées par la concurrence internationale.
Le plan d’actions Boost-France prévoit ainsi tout d’abord la constitution d’un centre de compétence national des standards, coordonnant les efforts de normalisation de l’Afnet, de Galia, de GS1 France, du Cleep, de la DGIS, de l’Afnor, de Micado, etc. Il réclame également la naissance d’un cloud ebusiness français, constitué de plates-formes sectorielles nationales et internationales et de plates-formes régionales et intersectorielles, toutes interopérables bien sûr. Un cloud offrant, sous une gestion des identités commune, des services d’archivage, d’e-facturation, de traçabilité, d’e-learning, de logistique, d’e-administration (douanes, justice, fiscalité…) à partir des plates-formes déjà existantes. Pour le réaliser, détaille Pierre Faure, il faudra commencer par cartographier l’existant et spécifier la plate-forme cloud type.
Il faudra également fournir un accompagnement personnalisé à quelque 1 500 PME de moins de 250 personnes, fondé bien sûr sur un ensemble complet de méthodologies éprouvées, qui reste à préciser lui aussi. Le soutien à certaines filières, enfin, doit continuer : la filière forêt-bois papier (projet eMOBOIS) par exemple, celle des prothésistes-dentaires (projet Prodentic), ou encore les filières électronique et mécanique (projet Ticio)…
Pour ce plan d’actions, l’Afnet réclame « raisonnablement » un budget de 50 millions d’euros, dont 20 à 30 millions comme fonds d’amorçage à relayer par les filières et les régions, 10 millions à partager entre une vingtaine de filières, et 15 millions pour l’accompagnement personnalisé des PME, sans compter les apports des filières elles-mêmes.
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