GDF-Suez : objectif zéro factures papier

Rédigé par Pierre Berendes le Mercredi 24 juin 2009

A l’occasion d’une table ronde co-organisée à Paris par EBG (Electronic Business Group) et Deskom, Bruno Lockhart, directeur des systèmes et process à la direction de l’intégration du groupe GDF-Suez, a précisé son programme de dématérialisation des factures.

GDF-Suez, a-t-il expliqué, compte à ce jour 1 500 raisons sociales, en phase de regroupement autour d’une dizaine d’instances SAP. Nous avons 250 000 fournisseurs en Europe, qui nous envoient 6,5 millions de factures par an. Nous mêmes, nous en émettons 35 millions. Nous voulons dématérialiser ces flux catégorie par catégorie, jusqu’à la dématérialisation fiscale. A ce stade, 80 à 90 % des factures entrantes sont numérisées et reconnues dans nos propres centres comptables. Le taux de rapprochement automatique avec les commandes peut atteindre les 99 % avec certains fournisseurs. Il est moins bon sur les travaux et les services.

Le lieu de gestion des litiges ne peut être que le web, et non pas l’ERP de l’acheteur. Client et fournisseur peuvent y dialoguer comme sur MSN jusqu’à trouver la solution, y compris sur de gros montants. Les règlements sont ainsi plus fluides et plus rapides. Plus la commande ressemblera à la facture, plus les choses deviennent simples. Avant, nous pouvions exiger jusqu’à dix signatures de validation. Aujourd’hui, à partir du moment où la commande, la livraison et la facture sont rapprochées, il n’y a plus besoin de valider. Nous n’avons plus que deux points de contrôle. Et les bordereaux à factures multiples font déjà partie du passé.

Nous sommes déjà en dématérialisation fiscale avec 7 à 8 % de nos fournisseurs. L’objectif est d’atteindre les 100 %, mais ça prendra des années. L’affiliation des grands fournisseurs déjà rodés se fait en quelques semaines. Celle des néophytes ne se réalise qu’au bout d’un an. C’est notre millier de fournisseurs n’émettant que 500 à 2000 factures/an qui a le plus de mal à évoluer. S’ils refusent l’affiliation, ils risquent tout simplement de ne plus être références au renouvellement. Ils sont libres de choisir leur prestataire, car l’interopérabilité entre prestataires n’est plus un problème en France. Si, par exception, elle devait se produire, c’est à nous GDF-Suez de la régler.

Notre retour sur investissement doit être inférieur à deux ans. Mais si l’on choisit bien son prestataire, avec une bonne capacité d’affiliation, ce ROI peut être de moins d’un an. Nous avions auparavant 10 à 15 % de duplicata. Ils ont pu être éliminés, de même que le temps perdu à rechercher des documents qui ne sont pas au bon endroit. Maintenant, l’original est forcément sur la plate-forme. Il n’y a plus de problèmes de factures en double. Plus le process est standard et simple, plus on gagne. La facturation électronique va intégrer le paiement à terme. Elle donnera la capacité de négocier le délai de règlement. La facturation électronique sortante va nous permettre d’offshoriser efficacement le traitement des litiges. Il faut voir la facturation électronique comme un programme. Elle oblige à tout revisiter partout et pas à pas pour pouvoir boucler la transaction jusqu’au bout.

 


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La dématérialisation de documents s'accélère (factures, courriers, contrats, télé-procédures). Leur mise en oeuvre est à la convergence de trois savoir-faire : la GED, l'archivage et la gestion des flux. C'est un monde à découvrir.


Alain Laidet, fondateur, E-Business Info.