Alcatel-Lucent devant le casse-tête des factures
| Rédigé par Pierre Berendes le Mercredi 17 juin 2009 |
L’équipementier télécoms rêvait d’une plate-forme mondiale pour la dématérialisation fiscale de ses 250.000 factures clients et intra-groupe par an. Il montera finalement des plates-formes régionales pour l’Europe et l’Amérique latine.
Pour un industriel présent dans 130 pays comme Alcatel-Lucent, l’idéal aurait été de pouvoir disposer d’une seule et même plate-forme de dématérialisation fiscale de ses factures clients-fournisseurs et intra-groupe, d’autant qu’il s’est déjà doté d’un ERP SAP central et qu’il a déjà établi des liaisons EDI avec la plupart de ses partenaires.
Cette dématérialisation fiscale (donc absolument sans papier) est désormais inéluctable. La plupart des partenaires EDI, en particulier les opérateurs télécoms, la réclament de manière toujours plus pressante. Elle est également souhaitée par les achats d’Alcatel-Lucent. En interne, s’est en outre renforcée la nécessité de réduire les coûts d’impression, d’évoluer plus nettement vers le Green IT, d’améliorer les économies d’échelle, la pro-activité avec les partenaires, la trésorerie disponible…
Pour fixer une feuille de route, Guillaume Hatt, responsable de programme au sein de l’équipe End-to-End Business Processes, a commencé par étudier les réglementations existantes et l’architecture IT cible. Premier constat : ces réglementations sont trop disparates pour pouvoir être prises en compte d’emblée par une seule et même plate-forme. « Bruxelles, résume Guillaume Hatt, cherche à améliorer l’efficacité économique des entreprises. A l’inverse, la loi Sarban-Oxley américaine met l’accent sur les contrôles et en Amérique latine il s’agit avant tout de récupérer les taxes. »
L’Europe elle-même tarde à s’harmoniser. « On y trouve tout et n’importe quoi », résume-t-il. L’Allemagne exige l’archivage dans le Land où la facture est générée. L’administration fiscale suisse certifie les plates-formes mises en oeuvre, mais pas la DGI française, qui dit que seul un contrôle fiscal volontaire permettrait d’en garantir la conformité, ce qui n’est évidemment pas recevable par les entreprises…
Un même hub interne régional serait par contre en mesure de gérer tous les flux de facturation clients-fournisseurs et intra-groupe en intégration directe avec l’ERP central. Il serait finalement en mesure d’assurer la distribution, la traçabilité et l’archivage de tous les documents entrants et sortants. Alcatel-Lucent prévoit donc de se doter de tels hubs pour l’Europe et l’Amérique latine. « Ils s’enrichiraient de services successifs selon les possibilités permises par les contextes nationaux », complète Guillaume Hatt.
Les choix techniques sont maintenant arrêtés. L’équipementier télécoms a retenu un système AuthentiDate pour la signature électronique des documents, les solutions ECM d’OpenText pour la gestion et l’archivage des fichiers et documents ainsi qu’une plate-forme WebMethod pour le pilotage des échanges B-to-B, les liaisons EDI existantes étant conservées sur le réseau à valeur ajoutée GXS.
La plateforme devra être en mesure de gérer plusieurs scénarios selon les pays et les demandes clients. Sont ainsi envisagés : l’émission de factures originales en PDF signé, l’échange de messages EDI traditionnels, l’émission de documents et de messages structurés XML signés et non signés, et l’émission parallèle après agrément client par client de factures originales en PDF signé et de messages structurés s’intégrant directement dans leur SI. La fondation technique sera implantée au 3e trimestre pour une initialisation des premiers déploiements début 2010, dont la facturation intra-groupe.
Si Alcatel-Lucent a opté pour l’internalisation, c’est en raison de la spécialisation trop forte des prestataires du marché, de leur incapacité à prendre en compte l’ensemble de son besoin à un coût raisonnable (Noté et entendu au 9e Forum de la dématérialisation, organisé par Infopromotions les 10-11 juin 2009 à Paris).
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