Les villes à leur 4e tournant Internet
| Rédigé par Jean-Claude Streicher le Mardi 21 avril 2009 |
Les municipalités sont à la veille d’entrer dans leur 4e phase Internet : fournir dans un même portail un guichet d’information et d’animation citoyenne d’une part, et un guichet d’e-services, à la fois pour les administrés, les entreprises et les agents eux-mêmes.
La première phase, a détaillé Yannick Landais, délégué général de l’Artesi Île-de-France (Agence régionale des technologies et de la société de l’information), le 8 avril dernier, lors des 13e assistes de l’Association des maires d’Île-de France (Amif), au Parc floral de Paris, avait consisté à fournir de l’information et des renseignements. Puis il a fallu également permettre aux citoyens de participer via l’Internet à la vie locale. Ensuite, est venue la phase de la mise en place des e-procédures. L’époque des sites vitrines est donc révolue. Place aux sites dynamiques. De l’informationnel, on est passé à l’interactionnel, puis au transactionnel.
Mais tout cela, résume Yannick Landais, revient à structurer deux mondes dans le même portail : le guichet d’information et le guichet des e-services. Et ce deuxième guichet devra fonctionner comme celui des banques, avec une réponse rapide aux courriels reçus, un déport de la saisie des données vers l’administré et une navigation d’un service à l’autre par identification unique (single sign-on).
D’où ce changement : les élus ne doivent plus voir les TIC comme un catalogue de moyens mis à la disposition du public, mais comme un nouvel instrument au service de leur politique de la ville. C’est encore loin d’être le cas. « Il y a même un risque de fracture numérique entre les élus et leurs administrés, avance Pascale Luciani-Boyer, adjointe au maire de St-Maur-des-Fossés et vice-présidente de la commission TIC de l’Amif. Les élus doivent se saisir du numérique chacun dans leur domaine et comprendre en quoi il va modifier leur travail. »
Fontenay-sous-Bois cherche ainsi concrétiser le concept de Ville numérique, et non pas celui de Ville internet. Elle ouvre des débats temporaires en ligne sur les travaux urbains et interrompt les séances vidéo-filmées du conseil municipal pour répondre en direct aux questions des internautes… « Les internautes cherchent à établir une nouvelle relation avec les élus, constate Loïc Damiani-Aboulkheir, conseiller municipal de Fontenay-sous-Bois. Il ne faut pas rater les tournants de la société. »
Guichet virtuel interactif des citoyens et bureau virtuel des agents sont dès à présent au programme du Centre de gestion du département du Nord (CDG59) comme du GIE Acteurs de Liberaccès fondé par les communautés d’agglomérations de La Rochelle, Poitiers et Châtellerault. Tous deux les réaliseront à partir des logiciels libres proposés par l’Adullact. Le CDG59 accompagnera les municipalités à les mettre en oeuvre via le centre de ressources partagés Cre@tic. En Poitou-Charentes, cet accompagnement sera apporté par huit Pools Liberaccès 2.0 à terme. Le projet poitevin est financé à hauteur de 1,11 million d’euros sur deux ans, dont 31,5 % sont apportés par le Feder. « Une solution propriétaire non mutualisable, nous coûterait 1 000 euros/utilisateur la première année, indique Philippe Soulier, directeur du GIE Acteurs de Liberaccès. La solution Pools, elle, nous coûtera 140 euros/utilisateur/an, pour 8 000 utilisateurs. »
Pour aller encore plus loin, Céline Faivre, directrice de la plate-forme régionale d’administration électronique e-Megalis Bretagne, propose de créer un groupement de commandes avec e-bourgogne et Liberaccès pour réaliser une mutualisation inter-régionale de leurs outils, à commencer par le coffre-fort électronique à gestion de preuves.
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