« Être le champion français de l’e-facturation ou disparaître »
| Rédigé par Jean-Claude Streicher le Vendredi 27 février 2009 |
b-process vient de se fixer l’objectif de dématérialiser à lui seul la moitié des factures du marché français d’ici trois-quatre ans. Alexis Renard, son président, s’en explique.
Pourquoi tout d’un coup un objectif aussi ambitieux ?
Nous avons fait une bonne année 2008. Avec 6 millions d’euros de chiffre d’affaires pour un effectif d’une soixantaine de personnes, b-process est maintenant clairement le leader en France de la dématérialisation fiscale des factures aujourd’hui. Deskom dématérialise proportionnellement moins que nous et s’est surtout axé sur le Scan-LAD. Mais à moyen terme, notre position doit être consolidée. En Espagne, avec Edicom, et en Belgique, avec Certipost, nous avons des concurrents importants. Ces derniers contrôlent déjà la moitié de leurs marchés locaux. Sur le plan européen, ils seront redoutables. Aucune société ne pourra se développer sérieusement à l’international si elle n’est pas suffisamment implantée au niveau local.
Mais n’êtes-vous pas déjà bien positionné à l’international ?
L’an dernier, b-process a remporté largement plus des deux tiers des projets internationaux de dématérialisation de factures signés en France. Nous avons signé avec Snecma, Eurocopter, Gefco et Nestlé. A l’occasion du contrat Gefco, nous nous sommes alliés à CDC Arkhinéo pour déployer parallèlement des centres d’archivage électronique à valeur probante et de longue durée dans chacun des pays européens. Ce déploiement est en cours. Nous sommes déjà en production dans 13 pays, dont l’Allemagne et la Suisse. Mais ce programme n’a de sens et n’est réalisable que si nous sommes effectivement le grand champion français.
Les partenariats avec des acteurs locaux ne seraient-ils plus d’actualité ?
Nous négocions directement nos contrats internationaux avec nos comptes historiques. Outre CDC Arkhinéo, nous ne nous appuyons essentiellement sur Accenture Supply Chain Services (ASCS), filiale d’Accenture, pour le recrutement et le raccordement des petits fournisseurs des grands donneurs d’ordres. Les associations entre opérateurs d’e-facturation ne fonctionnent pas. Les cultures techniques sont trop différentes. Je ne crois pas non plus à des alliances capitalistiques, car nous ne sommes tous que des acteurs de niche. On en revient donc toujours à la même idée : pour pouvoir percer au plan européen, il faut être un acteur fort sur son marché local, et non pas un acteur subsistant.
Il y aura donc des concentrations ?
Les consultations sur les e-facturations transnationales se multiplient. Et l’on voit bien que les grands comptes veulent minimiser les risques. A compétences égales, ils préféreront toujours l’opérateur d’e-facturation le plus gros, le plus rentable et à première vue le plus pérenne. Le temps des usines à gaz est terminé. Nos technologies doivent constamment évoluer et aller vers toujours plus de simplicité de mise en œuvre. Seuls les champions locaux pourront soutenir cet effort.
b-process a de ce point de vue quelques atouts. Nous sommes rentables et nous nous autofinançons depuis fin 2007. Dès à présent, nous consacrons 20 % de notre chiffre d’affaires aux développements logiciels. Il est impossible qu’une vingtaine d’acteurs continuent de se bousculer sur le marché français.
Propos recueillis par Jean-Claude Streicher
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