Orbis d’Agfa Healthcare règle-t-il le problème du DMP ?

Rédigé par Jean-Claude Streicher le Mardi 18 novembre 2008

Plus besoin de réinventer la roue ! Avec Orbis, Agfa Healthcare propose une boîte à outils complète, déjà adoptée par plus de vingt hôpitaux en France pour leur dossier patient. Gérard Domas, directeur marketing France, s’en explique.

Comment définissez-vous Orbis ?
C’est une suite logicielle née de la réforme hospitalière allemande des années 90. Ce n’est pas un ERP Santé, puisqu’elle n’administre pas l’établissement de soins proprement dit. Elle prend en charge le processus de soins du patient dans l’hôpital. Elle permet de constituer et d’enrichir au fur et à mesure son dossier médical et de soins dans cet hôpital, d’y intégrer les compte-rendus des plateaux techniques internes ainsi que les résultats d’analyses des laboratoires externes. Elle enregistre les prescriptions médicales et à partir d’elles planifie le parcours de soins et la mise à disposition des ressources nécessaires. Outil transversal, ce dossier patient est partagé entre tous les intervenants de l’hôpital. Il repose donc sur un identifiant patient et une base de données uniques. A la fin de l’hospitalisation, il fournit en outre un résumé de sortie, permettant notamment la facturation des actes.

Mais étant né en Allemagne, est-il transposable en France ?
Tout-à-fait, puisque la réforme hospitalière engagée en France (le plan Hôpital 2012 et le projet de loi  Hôpitaux, Patients, Santé, Territoires) comporte de grandes similitudes avec la réforme allemande, notamment sur la tarification à l’activité et la mutualisation des ressources à un niveau régional. La plupart des pays européens suivent désormais le même objectif : décloisonner les systèmes d’information des hôpitaux, réunir tous leurs métiers autour du même dossier patient, mesurer l’activité et rembourser exactement l’hôpital des frais de cette activité. Orbis est donc transposable dans beaucoup de pays.

Et l’interopérabilité avec l’extérieur, les autres hôpitaux ?
Chaque plate-forme Orbis est évidemment apte à alimenter le DMP (Dossier médical partagé). Lorsque nous déployons Orbis dans un CHU comme à Toulouse, nous devons prévoir une interactivité avec les SI des hôpitaux de toute la région ainsi qu’avec les réseaux spécialisés existants (diabète, cancérologie…). A terme, l’information patient devra donc être disponible dans tout Midi-Pyrénées. Mais chaque établissement doit aussi construire à son niveau son dossier médical unique, permettant de partager les informations sur le patient. Il est souhaitable de coordonner les démarches au niveau d’un territoire ou d’une région pour privilégier l’interactivité et obtenir la synthèse du DMP.

Avec votre parc déjà installé, vous serez en bonne position ?
C’est vrai qu’Orbis capitalise les expériences réussies de plusieurs centaines d’hôpitaux à travers l’Europe. Agfa Healthcare capitalise aussi l’expérience des éditeurs qu’il a agrégés. En France, outre le CHU de Toulouse, le Centre hospitalier de la région d’Annecy et l’AP-HP, nous conduisons déjà une vingtaine de projets. Mais qu’on se rassure, nous n’aurons jamais la capacité de prendre tous les marchés. Les dossiers patients partagés sont des projets de longue haleine. Les mises en oeuvre diffèrent d’un site à l’autre, avec des organisations et des moyens différents. Il faut partout organiser la conduite du changement. Nous avons donc besoin de partenaires. A l’AP-HP où nous sommes maitre d’oeuvre du projet, nous nous sommes ainsi associés à Capgemini, HP, Oracle et Inlog.

Propos recueillis par Jean-Claude Streicher


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Alain Laidet, fondateur, E-Business Info.