Chantelle est entré dans sa 3e vie

Rédigé par Jean-Claude Streicher le Mardi 18 novembre 2008

EDI tous formats, extranet, catalogue électronique, internet… Le spécialiste de la lingerie féminine française joue désormais à fond la carte de la dématérialisation.

« Nous entrons dans notre troisième vie », annonce Philippe Cottet, DSI de Chantelle, entreprise fondée en 1896, mais toujours familiale et qui gère aujourd’hui en direct 14 filiales commerciales, 13 usines et 4 plates-formes logistiques à travers le monde.

La première vie avait consisté à placer les produits chez les détaillants et les grands magasins par le biais de VRP. Au cours de sa deuxième vie, à partir de 1997, Chantelle a cherché à généraliser les EDI aux normes Edifact et Ansi avec ses plus gros clients (les grands magasins), fournisseurs et transporteurs. Le concepteur et fabricant de lingerie s’était alors doté en interne d’une plate-forme IBM Global Network, puisque ses principaux clients étaient alors équipés de systèmes IBM.

La troisième vie a été engagée en 2005. L’objectif est alors de développer les EDI avec les plus petits clients, qui n’ont pas les moyens de se doter d’un traducteur. Depuis cette époque, Chantelle accepte donc une plus large variété de formats : les formulaires webEDI en mode connecté, AS2, voire même Excel… Il a donc remplacé sa plate-forme IBM Global Network par une plate-forme Sterling Commerce (groupe AT&T), dont il utilise également le réseau mondial. L’essai est en passe d’être transformé. En 2008, Chantelle aura reçu 12 000 bons de commandes de ses clients et émis 1 200 autres commandes à ses fournisseurs. Il aura traité 2 000 messages produits Pricat, 5 200 factures, 52 500 sorties de caisse, 9 000 bons de transport, 14 500 avis d’expédition, 1 000 niveaux de stocks et 500 avis de paiement.

Avec les 60 magasins de l’espagnol El Corte Inglès, il a même réussi à mettre en place une nouvelle formule de vente, inspirée de la parfumerie, qu’il veut à présent étendre à d’autres grands magasins, à commencer par l’allemand Karlstad. « Dans les grands magasins, explique Philippe Cottet, Chantelle doit affronter jusqu’à 80 concurrents. Il nous faut donc une visibilité et une réactivité maximales. » Chez El Corte Inglès, il a ainsi obtenu que les stocks, les meubles et les vendeuses lui appartiennent, et que les sorties de caisse, avec les références des produits, leur couleur et leur taille,  lui soient envoyées par l’informatique d’El Corte Inglès en EDI tous les soirs, suivies du niveau de stock mensuel. « C’est une négociation commerciale, complète le DSI. Elle nous permet de livrer dès le lundi en fonction du pic de ventes du samedi. »

Depuis six mois, Chantelle utilise par ailleurs un nouvel ERP (SAP AFS). Courant 2009, il refondra également sa communication Internet, non pas pour développer un télé-achat qui serait hostile à ses distributeurs, mais pour attirer les clientes dans ses boutiques Darjeeling et Orcanta. Sera également mis en place pour les détaillants un extranet-catalogue de produits. A condition de réduire leur offre à petit nombre de marques, Chantelle les aiderait alors à augmenter leurs ventes. Mais une dématérialisation fiscale des factures EDI n’est toujours pas à l’ordre du jour, celle-ci, étant donné les volumes, n’apportant pas de gains significatifs, selon le DSI. Chantelle continuera donc son archivage papier et EDI.


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demateriel.com

La dématérialisation de documents s'accélère (factures, courriers, contrats, télé-procédures). Leur mise en oeuvre est à la convergence de trois savoir-faire : la GED, l'archivage et la gestion des flux. C'est un monde à découvrir.


Alain Laidet, fondateur, E-Business Info.