DoubleTrade : le bilan des 10 ans

Rédigé par Grégoire Naudin le Lundi 10 novembre 2008

En décembre 1998, Alexandre Sidommo et son frère créaient DoubleTrade. C’est aujourd’hui la 1ère plate-forme de gestion des marchés publics en France en nombre d’entreprises abonnées et en chiffre d’affaires. Il s’explique sur le secret de sa réussite.

Quel est le secret de votre longévité et de votre percée ?
Alexandre Sidommo : Quand d’autres ont créé des plates-formes verticales, DoubleTrade est toujours restée horizontale, couvrant tous les types de marchés publics et tous les domaines, du mobilier de crèche au réseau informatique. Nous nous sommes également fixé pour règle de mettre en ligne tous les six mois un nouveau contenu ou une nouvelle fonctionnalité. DoubleTrade a ainsi été le premier intégrer les appels d’offres du BOAMP et du Journal officiel de l’Union européenne. Le premier à proposer un service d’alerte par mots clés non pas seulement à partir des appels d’offres, mais aussi à partir des DCE eux-mêmes. Notre rachat en 2007 par Reed Business Information (groupe Reed Elsevier) assure enfin la diffusion de nos technologies documentaires au plan européen et méditerranéen.

Quels chiffres pouvez-vous donner ?
AS : Nous avons près de 3 500 entreprises abonnées, soit 7 000 utilisateurs. Nos clients vont de l’architecte, qui s’abonne à partir de 1 500 euros par an à quelques sources, au grand compte, qui abonne une centaine de commerciaux à un maximum de sources nationales et internationales jusqu’à hauteur de 50 000 euros et plus par an. En option, nous proposons également des formations, une veille concurrentielle, une recherche dans un historique de dix ans, un conseil juridique à la dénonciation de marchés irréguliers… Nous pigeons aussi les appels d’offres publiés dans la presse régionale, les Mapa (Marchés publics à publication adaptée) affichés sur les sites des collectivités locales. Nous employons une cinquantaine de personnes en France et 60 à notre production à Tunis, et notre chiffre d’affaires 2008 sera de 8 millions d’euros sur la veille uniquement.

Le marché des appels d’offres électroniques n’est pourtant pas très actif ?
AS : C’est le moins qu’on dire, effectivement. De la soixantaine d’acteurs que l’on pouvait recenser en 2004-2005, il ne reste plus que 5 ou 6 plates-formes dignes de ce nom, non comprises les plates-formes créées par les collectivités territoriales elles-mêmes. Elles ne traitent que pour 6 millions d’euros de marchés, tout au plus. C’est un demi-échec. Les collectivités ne mettent leurs appels d’offres en ligne que pour faire semblant de se conformer à l’article 56 du code des marchés publics, qui leur interdit de refuser des réponses électroniques. Leurs plates-formes open source ne font pas mieux. Elles n’ont prétendument pas de dépenses de fonctionnement, mais sont entraînées dans des dépenses de développement sans fin.

Vous faites quelles propositions ?
AS : Avec Cecurity.com, Edisys, Omniklès et SIS, nous avons créé en 2005 l’Association pour la dématérialisation de l’achat public (Adap). Nous estimons que les donneurs publics devraient être obligés de dématérialiser entièrement leurs marchés, à l’instar de la télé-déclaration de la TVA, obligatoire à partir de 760 000 euros ht de chiffre d’affaires. Le pays économiserait ainsi 10 % sur ses 120 milliards de dépenses publiques. Mais on nous dit que cette obligation ne peut être introduite que par étapes, à commencer par les achats informatiques en 2010. Il faudrait également imposer une procédure normalisée simplifiée d’accès sécurisé aux marchés, pour éliminer les véritables barrières à l’entrée, toutes différentes les unes des autres, érigées par certaines collectivités. Il faudrait enfin pouvoir insérer des URL longues dans les avis d’appels d’offres pour faciliter les recherches sur le web.

Propos recueillis par Jean-Claude Streicher


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La dématérialisation de documents s'accélère (factures, courriers, contrats, télé-procédures). Leur mise en oeuvre est à la convergence de trois savoir-faire : la GED, l'archivage et la gestion des flux. C'est un monde à découvrir.


Alain Laidet, fondateur, E-Business Info.