Auchan et Carrefour dématérialisent au format libre

Rédigé par Jean-Claude Streicher le Vendredi 29 août 2008

Pour la dématérialisation fiscale des factures de ses plus petits fournisseurs, l’enseigne nordiste suit la démarche inaugurée par Carrefour. A son exemple, elle applique la solution PDF signé + fichier XML de b-process.

Auchan France ne reçoit “que” 5,8 millions de factures par an de ses fournisseurs, contre 7 millions pour Carrefour. Mais leur ventilation est la même entre gros fournisseurs, fournisseurs de plus petite taille et tout petits fournisseurs, et la manière de réaliser leur dématérialisation fiscale ne peut guère être différente.

Comme Carrefour, l’enseigne a donc commencé par la dématérialisation fiscale des factures de ses 350 plus gros fournisseurs, qu’il recevait déjà en format EDI. Seule différence avec Carrefour : Auchan opère lui-même et à demeure sa propre plate-forme d’interchange, en l’occurence une plate-forme GIS de Sterling Commerce.

Puis, pour la dématérialisation fiscale des factures de ses fournisseurs de plus petite taille, il applique depuis le début de l’année la solution Plug and play de b-process, que Carrefour a adoptée fin 2007. “Nous suivons la démarche Carrefour”, reconnaît Michel Prochwicz, responsable du centre EDI d’Auchan France. Cette solution, c’est celle de la facture émise au format PDF, accompagnée de la signature électronique et archivée dans un coffre-fort électronique et dont les données utiles sont extraites pour constituer un fichier XML associé. Les déploiements se font évidemment un à un. “Nous n’imposons rien, complète Michel Prochwicz. Nous avons communiqué auprès de ces fournisseurs pour les inviter à se rapprocher de b-process.” A ce jour, Auchan France a dématérialisé fiscalement 30 % de ses factures fournisseurs.

Carrefour, lui, poursuit activement cette 2e phase de dématérialisation fiscale. “Nous l’avons engagée en priorité avec les fournisseurs de plus petite taille présentant le moins de litiges”, souligne Serge Cottan, directeur organisation et projets administratifs de l’enseigne. Pour avoir évidemment un retour plus rapide. Car ces fournisseurs peu litigieux n’auront pas vraiment besoin de modifier leur système de facturation. Les autres, si, et devront même dans certains cas en changer carrément. Ce qui prendra plus de temps.

Pour soutenir cette migration, Carrefour mobilise une équipe de cinq-six personnes “polyglottes” (compétentes à la fois sur les plans technique, administratif et fiscal). Une seconde équipe se charge des relances téléphoniques. Carrefour sait, par reporting, où en est chaque fournisseur, les difficultés qu’il a rencontrées. “Il faut faire comprendre que le bénéfice est partagé, souligne Serge Cottan. que la dématérialisation permet la détection instantanée des erreurs et le paiement à moins de vingt jours.” L’objectif de 700.000 factures ficalement dématérialisées par mois en quatre ans sera donc sans doute atteint : fin juin dernier, Carrefour en était déjà à 400.000 et prévoit d’être à 500.000 fin 2008.

Puis l’enseigne engagera sa 3e étape : la dématérialisation fiscale des factures des tout petits fournisseurs, qui les saisiront en ligne sur un masque b-process. “Et à terme nous serons capable de facturer nos fournisseurs nous-mêmes”, conclut Serge Cottan. Comme chez Auchan, la situation varie toutefois d’un pays à l’autre. Fin juin 2008, Carrefour avait ainsi dématérialisé fiscalement 59 % de ses factures en France, contre 95 % en Espagne et 80 % en Italie.


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La dématérialisation de documents s'accélère (factures, courriers, contrats, télé-procédures). Leur mise en oeuvre est à la convergence de trois savoir-faire : la GED, l'archivage et la gestion des flux. C'est un monde à découvrir.


Alain Laidet, fondateur, E-Business Info.