Un DMP centralisé-distribué en Franche-Comté

Rédigé par Jean-Claude Streicher le Vendredi 20 juin 2008

Le dossier médical partagé (DMP) franc-comtois se différencie des autres projets régionaux par la combinaison d’une architecture distribuée (pour l’imagerie médicale) et d’un entrepôt central pour toutes les autres données patients.

« Impossible de verser tous les examens d’imagerie réalisés dans la région dans le même entrepôt de données, avance Hervé Barge, chargé de mission à l’Agence régionale de l’hospitalisation de Franche-Comté. En IRM, ces examens peuvent en effet comporter plus de 2.400 images. Aucun réseau, même fibre optique, n’offrirait jamais assez de bande passante pour leurs dépôt et consultations au quotidien. »

En conséquence, la région de Franche-Comté a opté, concernant les radiologies et les IRM, pour une solution distribuée gérée par le logiciel de l’israélien dBMotion, dont c’est par conséquent la première implémentation en France. En cas de besoin, les seules images utiles et/ou les comptes-rendus sont ainsi téléchargées par l’hôpital ou le médecin traitant depuis les bases locales où elles ont été déposées. Et grâce au client dBMotion, elles sont reconstituées en une seule vue sur le poste de consultation distant, avec leurs compte-rendus textuels. « La mise en oeuvre de cette solution, complète Hervé Barge, n’a posé aucune difficulté particulière, puisque les formats de ces images et leurs comptes-rendus sont déjà très largement standardisés. »

Cette architecture distribuée interopère évidemment avec l’entrepôt régional centralisé, qui peut ainsi ajouter aux images téléchargées des données composées de données structurées et non structurées (PDF). En gestation de 2002, le DMP-fc est l’un des projets régionaux les plus avancés. Son entrepôt, réalisé avec IBM et SQLI, s’alimente déjà des dossiers de patients des réseaux de ville et des dossiers médicaux de deux segments de populations : les personnes âgées (gérontologie, Alzheimer, accidents cardio-vasculaires…) et l’enfance. Il est également interfacé avec les logiciels métiers des pathologies chroniques non liées à l’âge (cancer, diabète, chimiothérapie…). Dès maintenant, il interopère également avec six autres entrepôts régionaux (Ile de la Réuion, régions Centre et Midi-Pyrénées…). Tous les établissements et professionnels de santé de Franche-Comté y seront raccordés d’ici la fin 2009, en commençant par ceux du département de la Haute-Saône. Ce déploiement inclura les services des urgences, qui sont d’ores et déjà tous informatisés et compatibles avec le DMP de la région.

Reste cependant à mettre le DMP réellement au service de la médecine d’urgence. Une recherche textuelle simple dans le réseau des entrepôts régionaux ne peut en effet suffire. Il faudrait disposer ici d’un moteur de recherche sémantique, capable d’extraire rapidement les seules données essentielles et pertinentes dont les urgentistes ont besoin pour étayer, sans les induire en erreur, leur prise de décision. Son étude vient être lancée, à l’échelon national cette fois, par Samu de France et la Société française de médecine d’urgence (SFMU), avec le soutien du GIP-DMP. Sa mise au point et son évaluation dureraient jusqu’à fin 2010. « Si les urgentistes ne peuvent pas utiliser le DMP, a rappelé le Dr Marc Giroud, président de Samu de France, il ne peut y avoir de DMP. »


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Alain Laidet, fondateur, E-Business Info.