Pour leurs e-achats, les collectivités locales préfèrent le portail open source

Rédigé par Jean-Claude Streicher le Mardi 20 mai 2008

Après avoir hésité entre plusieurs modèles, les collectivités territoriales marquent leur préférence pour les solutions open source d’Atexo surtout, mais aussi d’Omniklès, qui ont en effet surmonté leurs défauts initiaux.

Les plates-formes de dématérialisation des achats publics tendent à se spécialiser. Achatpublic.com s’est ainsi concentré sur les achats des ministères, à l’exception de la Défense qui s’est dotée de sa propre outil. Les CHU, eux, ont le choix entre les plates-formes Achats-CHU et Hospitalis. Pour les collectivités territoriales, par contre, la situation est moins tranchée. Certaines grandes agglomérations ont ainsi été tentées de monter leur propre plate-forme, de même que certains grands quotidiens régionaux (pour ne pas perdre le marché des annonces légales).

Marchespublics.net s’est pour sa part donné une vocation nationale dans une démarche d’intégration horizontale, puisqu’elle est la création conjointe de SIS, éditeur de logiciels de gestion de marchés, de Citia, cabinet de consultants spécialisés en achat public, des “Affiches hebdomadaires légales” et de Territorial, société de presse et d’édition tournée vers les collectivités territoriales.

Mais c’est finalement le modèle départemental ou régional, en open source, qui semble l’emporter. Le prototype en est e-bourgogne, projet initié par le conseil régional en 2005, dans le cadre du programme Adele, avec le soutien de la CDC. La plate-forme a alors vocation à regrouper tous les marchés, non pas seulement des municipalités, conseils généraux et conseil régional, mais aussi des établissements publics de santé et d’éducation, dans ce qui est alors appelé « la salle des marchés publics électroniques de Bourgogne ». Cette salle s’inscrit en outre dans un véritable portail d’e-administration locale. e-Bourgogne entend ainsi être également un guichet unique pour les demandes de subvention, l’aide aux entreprises et les demandes de changement d’adresse et d’état-civil. Il prévoit de plus d’être le vecteur de la dématérialisation progressive des flux financiers, comptables et administratifs entre les collectivités locales et les services de l’Etat.

e-Bourgogne repose sur différentes briques open source (dont php/mySQL), disponibles sous licence CeCILL ou GPL et progicialisées par Atexo (Paris). La salle proprement dite est gérée par le module Local Trust MPE (Marchés publics électroniques), également finalisé par Atexo. L’ouverture de ces composants facilite évidemment les interfaçages ainsi que les évolutions fonctionnelles. C’est ainsi que Local Trust MPE a également été adopté par le syndicat mixte Megalis Bretagne pour être le socle de e-megalisbretagne.org, la plate-forme d’administration électronique de la région bretonne. Un projet européen eTEN Procure, piloté par la région Bourgogne, doit même permettre de vérifier la transposition aisée de Local Trust MPE, outre la Bretagne, dans quatre autres régions (Bohème centrale, Catalogne, Guadeloupe et Uddevalla en Suède). A ce jour, Local Trust MPE a été retenu en France par une vingtaine de régions, une quarantaine de de départements et une cinquantaine de grandes villes, dont Paris. Le département de l’Hérault, par contre, à l’occasion du renouvellement de son marché, est passé d’une solution Atexo à une plate-forme Omniklès rénovée, aux fonctionnalités strictement identiques, mais plus avantageuses sur le plan financier.

A ce jour, e-Bourgogne revendique 913 entités publiques adhérentes et plus de 11 000 entreprises inscrites. Depuis le 1er janvier 2005, la plate-forme a publié 21 270 consultations et transmis près de 200 000 DCE (Document de consultation des entreprises). A comparer à Achatpublic.com, qui affiche plus de 22 000 abonnés. Les acheteurs admettent tous faire d’importantes économies de papier. Mais pas encore les vendeurs, qui réimpriment en effet les DCE téléchargés.

Ces vendeurs tardent également à donner leurs réponses sous forme électronique. e-megalisbretagne n’en a reçu qu’une centaine pour 1 083 appels d’offres publiés et 8 300 DCE téléchargés. En six mois, le portail de la commande publique du groupe Hérault a pour sa part obtenu une trentaine de réponses électroniques pour 2 800 DCE téléchargés… Si ces réponses sont données en format Excel, elles peuvent être réexploitées sans resaisie par le logiciel de gestion des marchés utilisé en arrière-plan. Le portail du groupe Hérault dispose ainsi d’interfaces vers les logiciels SIS Marchés de SIS et Marco d’Agysoft.

Reste cependant aux plates-formes à améliorer la confiance pour éviter aux acheteurs publics d’avoir à gérer simultanément deux procédures, papier et électronique.


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demateriel.com

La dématérialisation de documents s'accélère (factures, courriers, contrats, télé-procédures). Leur mise en oeuvre est à la convergence de trois savoir-faire : la GED, l'archivage et la gestion des flux. C'est un monde à découvrir.


Alain Laidet, fondateur, E-Business Info.