Place International marque des points
| Rédigé par Jean-Claude Streicher le Jeudi 17 avril 2008 |
La plate-forme de dématérialisation des formalités d’export et d’import pour la France a été référencée par la fédération TLF et la Douane. Un second guichet ne présenterait que des inconvénients.
Tant qu’elles sont dans la phase d’étude et de prototypage, toutes les plates-formes d’interchange souffrent d’un manque de crédibilité. Mais Place International a désormais franchi le point de non retour. D’ici la fin de l’année, plus de cent entreprises devraient y être raccordées et lui avoir confié plus de 20 000 documents, estime Jean-Marc Dufour, président d’Edifrance et cheville ouvrière du projet.
Place International utilisera les services de signature et de certificat électronique de Keynectis ainsi que les services d’archivage à valeur probante sur dix ans de CDC Arkhineo. Depuis décembre dernier, elle est référencée par la puissante Fédération des entreprises de transport et logistique de France (TLF), qui achemine 90 % des produits finis au départ de l’hexagone. Ce qui veut dire que la fédération TLF recommande Place International à l’ensemble de ses 5 500 adhérents directs et 4 500 adhérents indirects « comme guichet unique d’accès aux formalités du commerce international et aux systèmes douaniers internationaux ». En contre-partie Place International promet à ses adhérents « un accès privilégié à un taux préférentiel ».
Place International a aussi le soutien des pouvoirs publics depuis 2004, lorsque les Coréens de KTNet sont venus demander à Bercy de créer à une plate-forme équivalente pour la France avec laquelle ils pourraient s’interconnecter. Ce soutien public ne s’est jamais démenti depuis, puisque Place International est le support du projet e-Export PME, labellisé Tic@PME par le ministère de l’industrie. Plus récemment, Place International a également été référencée par la Douane française, « de façon non exclusive », pour les formalités douanières.
Depuis le début, la plate-forme s’inscrit enfin dans une démarche européenne et de coordination internationale. A travers l’association France e-Commerce International (France eCI), elle est membre de l’Aseal (Asia Europe Alliance for paperless trade). Dès maintenant, elle est donc interfacée à des consœurs asiatiques (KTNet pour la Corée du sud, TradeWan pour la Taïwan, VCCI pour le Vietnam), mais aussi à Gainde 2000 pour le Sénégal. D’autres interconnexions seront réalisées prochainement avec l’Irlande, la Grèce, la Slovénie, le Mexique, l’Australie, le Canada…, selon l’état d’avancement de chaque pays.
A ce jour, Place International gère, à partir d’un seul dépôt, toutes les procédures concernant le certificat d’origine, le connaissement maritime, la liste de colisage, les certificats phytosanitaires, les déclarations de douanes et les factures. Tous ces documents dématérialisés sont « légalement acceptés » par les autorités régaliennes des pays interconnectés. Ceux qui ne seraient pas conformes sont automatiquement mis dans une liste de révocation.
Place International est multilingue, intègre les fonctions UneDocs et propose deux modes de connexion, AS2 et ebMS2, qui est la couche messaging de la norme ebXML. Si l’entreprise est en open source, elle pourra également utiliser un connecteur « libre » de NYC (Net Yards Company). Elle doit prévoir des frais d’abonnement de 2 000 € par an, plus 8 € par document, comprenant les frais de signature électronique et d’archivage sur dix ans.
Dans ces conditions, on ne voit pas ce que la plate-forme concurrente eComExt, annoncée en avril 2007 par Orange Business Services et Axway (Sopra Group), pourrait apporter de plus. « Elle déclencherait une stérile guerre des prix, estime Jean-Marc Dufour. Elle disperserait les moyens, alors qu’il faudrait au contraire les concentrer pour établir des interfaces fonctionnant dans les deux sens avec un maximum de pays. Elle serait outre contraire à la recommandation n° 33 de l’UN/Cefact, qui préconise le guichet unique (le « single window ») par pays. »
Selon nos informations, le projet eComExt n’a d’ailleurs guère avancé depuis.
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