«Si Seres est rentable, c’est parce qu’il ne vend jamais à perte»

Rédigé par Jean-Claude Streicher le Vendredi 28 mars 2008

Il y a d’un côté les prestataires généralistes mais rentables, et de l’autre les opérateurs de niche, condamnés à la fuite en avant perpétuelle. André Vital, pdg de Seres, se félicite d’être dans la première catégorie.

Vous continuez d’occuper une place à part parmi les prestataires d’échanges électroniques et d’e-facturation B-to-B ?

André Vital : Seres est effectivement toujours le seul acteur significatif à publier chaque année ses comptes sur societe.com. Ils sont bien sûr en croissance, comme le marché lui-même. Ce sont également les seuls dans la profession à avoir toujours été positifs. En 2007, notre croissance organique a été de 15 %. En y incluant nos acquisitions, dont Activités Services Vidéocodage, elle est de l’ordre de 25 %. L’an dernier, nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 11,5 millions d’euros, contre 8,9 en 2006. Pour 2008, nous prévoyons un chiffre d’affaires de plus de 13 millions dans six pays : la France, l’Espagne et le Mexique, où nous avons une présence directe, ainsi qu’en Chine, Italie et Canada, où nous avons conclu des accords de distribution croisée. Nous comptons maintenant plus de 9 000 clients, dont près de 4 000 sur le service Allegro, en majorité en Espagne d’ailleurs.

Ces résultats s’expliquent comment ?

AV : Nous avons d’abord un actionnariat stable et pérenne depuis vingt ans : Bull à hauteur de 34 % et le groupe La Poste, à travers la holding Doc@Post, pour les 66 % restants. Cet actionnariat a une ambition industrielle, et non pas purement financière. Il nous a toujours demandé d’être rentable, et non pas de faire du volume à n’importe quel prix. Notre second atout est de couvrir tous les besoins des entreprises, et non pas simplement tel ou tel créneau. Sur nos métiers, il ne peut y avoir de retour sur investissement rapide. On ne peut être rentable qu’en mutualisant les infrastructures et les compétences, qu’en élargissant progressivement l’offre de services. Seuls ceux qui n’ont pas d’obligation de rentabilité peuvent faire du dumping. Ils ont ainsi pu prendre le marché de l’e-facturation des principales enseignes de la grande distribution. Au risque de ne jamais pouvoir être revendus et d’avoir peut-être un jour leurs propres clients comme gestionnaires de fait…

Comment s’oriente à présent votre offre de services ?

AV : Notre maître-mot reste la diversification, parce que les entreprises ont des besoins multiples. Seres continuera donc de couvrir toutes les composantes de la chaîne d’approvisionnement : les commandes, les avis d’expédition, la traçabilité, la dématérialisation fiscale des factures, la synchronisation des données, l’échange des fiches produits… Et de créer, autour, des services complémentaires. Nous venons ainsi d’introduire un webmail sécurisé et un connecteur pour le contrôle de légalité des collectivités territoriales. A partir de notre acquisition Edixis, nous voulons développer une plate-forme collaborative pour le recrutement temporaire, indépendante des sociétés d’intérim et fondée sur les services de confiance de Certinomis (groupe Doc@Post). Nous préparons également un service de capture de codes à barres par mobiles. Seres ne peut trouver de nouveaux utilisateurs qu’à travers ses nouveaux services.

Et vos orientations technologiques ?

AV : Elles n’ont rien de particulier. Nous avons toutes les technologies, les anciennes et les nouvelles. Comme Seres n’est pas éditeur, je n’en citerai aucune. Nous n’avons pas à être à la pointe de la technologie pour le plaisir. Nos clients nous demandent des services et les spécifient. A nous de savoir les intégrer. Nous avons deux plates-formes en secours réciproque, l’une à St-Ouen, l’autre à Madrid, qui dessert également le Mexique. Seres emploie aujourd’hui 90 personnes.

Propos recueillis par Jean-Claude Streicher


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La dématérialisation de documents s'accélère (factures, courriers, contrats, télé-procédures). Leur mise en oeuvre est à la convergence de trois savoir-faire : la GED, l'archivage et la gestion des flux. C'est un monde à découvrir.


Alain Laidet, fondateur, E-Business Info.