Les convertisseurs PDF/A se spécialisent
| Rédigé par Jean-Claude Streicher le Mardi 25 mars 2008 |
Les principaux convertisseurs de formats du marché intègrent désormais le format PDF/A afin de garantir que les fichiers archivés puissent encore être lus dans 60 ans et plus. Face aux produits généralistes d’Adobe, ils tendent cependant à se spécialiser.
Pour ne pas concurrencer les offres généralistes d’Adobe Systems, le créateur du PDF (Portable document format), la plupart des offreurs préfèrent se spécialiser. Le canadien Xenos met ainsi en avant sa suite logicielle D2Evision, composée d’une trentaine de modules et dédiée à la transformation ou la régénération de flux de gros volumes. Entièrement écrite en Java, elle tourne aussi bien sur PC, sous Unix que sur un mainframe et peut générer en batch jusqu’à 5 millions de pages PDF/A par jour. Son coût est d’au moins 35 000 € et sera calculé en fonction des volumes à traiter et des contraintes de production (en une heure ou en un mois).
En France, D2Evision est déjà utilisée par la BNF, Groupama, la Direction générale de la comptabilité publique, Cetelem, Axa, Renault, Michelin, etc., et cela pour un archivage en interne, sans signature et sans calcul d’empreintes, sauf si les documents sont appelés à cicculer à l’extérieur.
Selon Xenos, un fichier PDF/A pèse 5 à 6 fois plus lourd que son équivalent PDF 1.4, puisqu’il lui faut notamment embarquer toutes les polices de caractères utilisées. Pour optimiser les espaces de stockage, l’éditeur vient ainsi d’introduire un procédé de “subsetting”, qui n’embarque que les polices des caractères utilisés. Le coefficient multiplicateur n’est alors que de 1,8.
Quant aux convertisseurs de l’allemand Seal Systems, ils équipent Airbus Allemagne, où ils traitent, en environnement SAP, jusqu’à 30.000 fichiers de CAO de l’A380 par jour. Ils équipent également les hôpitaux du canton de Vaud, pour convertir quelque 6 000 fichiers (Word ou scans) de dossiers patients en moyenne par jour. Ils ont d’autre part été adoptés par Safran Informatique, également en environnement SAP, pour pérenniser 200 fichiers MS Office et de CAO par jour. L’Etat luxembourgeois s’en sert enfin pour l’archivage des documents légaux et des comptes-rendus d’assemblées.
Outre le traitement des fichiers de CAO, Seal Systems se spécialise également dans la reprise des fichiers déjà archivés, dont les PDF. Il sait alors écarter, voire rectifier tous les fichiers non conformes (vidéos, PDF en surimpression ou incluant des liens web…).
Iris Technologies (Louvain) s’est pour sa part attaqué au problème des scans couleurs, désormais aussi rapides que les scans noir et blanc, mais que les entreprises continuent de bouder, puisqu’ils occupent 20 fois plus d’espace mémoire. Il a donc développé une technologie iHQC (High Quality Compression), plus performante que la compression Jpeg 2000 et vient de l’intégrer à son convertisseur de formats IrisPdf 7.0 Server. Un fichier couleur Jpeg de 800 kb peut ainsi être transformé en un PDF de niveau 1 de 200 kb ou un PDF de niveau 3 de 56 kb, qui eux-mêmes peuvent ensuite être changés en PDF/A. L’IrisPdf 7.0 Server est assez robuste pour travailler en 24/7.
Quant à Adobe Systems, il développe plusieurs niveaux d’offres, mais sans les promouvoir activement. Depuis trois ans, son lecteur payant Acrobat Reader 7 inclut ainsi un convertisseur PDF/A pour le poste de travail ; et depuis deux ans, son serveur Lifecycle, pour grands comptes : un PDF Generator, parmi une dizaine d’autres services, dont le workflow et la signature électronique. Ce serveur peut évidemment être couplé avec les coffres-forts électroniques du marché.
En juin 2007, Adobe a d’autre part mis son format PDF 1.7 dans le domaine public pour qu’il puisse servir de base à la norme Iso 32000, format pivot intelligent pour l’échange et la publication de documents entre systèmes hétérogènes. Ce format PDF 1.7 peut ensuite être converti en PDF/A pour son archivage de long temps. Plus récemment, le serveur Adobe LifeCycle 8 s’est également enrichi, outre le format mininal et basique PDF/A 1-b, de la conversion au format PDF/AA, qui embarque en outre les polices de caractères non latines (cyrillique, kanji, etc.) tout en prenant en compte la structuration des textes en colonnes.
Les formats PDF/A et PDF 1.7 seront évidemment recommandés par le volet technique du RGI (Référentiel général d’interopérabilité), que la DGME (Direction générale de la modernisation de l’Etat) termine de spécifier afin de garantir l’interopérabilité des systèmes d’information des administrations publiques entre eux comme avec les applications informatiques des administrés. “Nous pouvons maintenant publier nos recommandations, puisque les outils existent”, estime Pierre Montier, chargé de mission sur le PGI à la DGME.
Les nouvelles suites bureautiques MS Office, OpenOfice et IBM incluent d’ailleurs elles aussi un convertisseur PDF/A.
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