Le DMP n’est pas enterré
| Rédigé par Jean-Claude Streicher le Jeudi 28 février 2008 |
Le Dossier médical personnel (DMP) n’est pas mort. Dans un rapport d’information, la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale préconise une relance en 15 points.
Le rapport d’information sur le DMP, remis fin janvier 2008 par la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale, avait été diligenté en même temps que l’enquête demandée par le gouvernement aux inspections générales des administrations. Il a auditionné plus de quarante experts et organismes, mais se veut cette fois tourné vers l’avenir. Il croit fermement en la possibilité d’une relance à partir des acquis existants.L’ensemble du secteur est d’ailleurs toujours convaincu que le Dossier médical personnel est un “outil indispensable”. Au nombre des acquis, il y a le GIP-DMP lui-même et l’expérience accumulée par ses soixante personnes. Il y a aussi les expérimentations des six hébergeurs soumissionnaires, qui ont outrepassé l’objectif quantitatif de 30 000 dossiers constitués. Elles ont entre autres montré que le coût unitaire moyen d’un dossier pouvait être ramené à 3 €, au lieu des 550 € initialement affichés, mais qui incluaient il est vrai le coût de recrutement des volontaires, des primes d’assurances ainsi que des frais de centres d’appels.
Le projet n’achoppe finalement que sur quatre points. L’identifiant personnel du patient, tout d’abord. La CNIL a refusé que ce soit le NIR (le n° de Sécurité sociale), parce que trop explicite. Un autre identifiant lui sera donc soumis prochainement par le gouvernement. Le manque d’interopérabilité des systèmes d’information de santé, ensuite. Ceux des hôpitaux notamment sont trop métiers, donc trop cloisonnés. Pour l’heure, ils sont incapables de gérer des droits d’accès différenciés aux données médicales. Il appartient par conséquent à l’Etat de définir les standards sécurisés qui font défaut.
Autre difficulté : la multiplicité des dossiers. Le DMP est en effet “concurrencé” par le dossier pharmaceutique, le dossier des remboursements (le « web-médecin » de la CNAMTS), le DCC (Dossier communicant cancer), les dossiers ville-hôpital et les dossiers de réseaux de santé. Tous ont leur raison d’être. Mais il faudra les mettre en cohérence et permettre une navigation de l’un à l’autre à travers un portail national unique, aussi bien pour les patients, les médecins que les hôpitaux. La structuration du DMP, enfin. La commission parlementaire propose qu’elle soit confiée à la Haute Autorité de Santé.
Ces différents chantiers devront être menés de front. Ils devront confirmer le choix d’une architecture centralisée et faire l’objet de nouvelles expérimentations. La Commission parlementaire estime également qu’il faudra impliquer la CNAMTS (Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés) dans l’organisation et l’implication du changement.
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