ADP à la croisée des chemins
| Rédigé par Jean-Claude Streicher le Mercredi 27 février 2008 |
ADP, spécialiste de la gestion externalisée de la paie et du personnel, devra-t-il également proposer la dématérialisation du bulletin de paie et du dossier du salarié dans une offre globale « RH sans papier » incluant le coffre-fort électronique ?
La dématérialisation du bulletin de paie est à l’étude au ministère de l’économie et des finances depuis quelques années. Plusieurs fois retardé, le gouvernement devrait cette fois présenter un projet de loi dans le courant de l’été. Cette éventualité interpelle évidemment ADP au plus haut point. Comment va-t-il se positionner ? Quelle démarche doit-il proposer à ses clients ?
En Europe, près de 9 000 entreprises lui ont déjà confié la gestion de la paie et l’administration du personnel. En France, il équipe près de 30 % des sociétés de 200 à 3 000 personnes. Il équipe aussi des comptes de plus petite et de plus grande taille, mais dans des proportions moindres. Outre l’édition des bulletins de paie, son SIRH (Système d’information des ressources humaines) assure également l’envoi automatique des télédéclarations sociales en mode EDI. Rien ne l’empêche donc de produire également des bulletins de paie électroniques et de proposer la dématérialisation-gestion des dossiers des salariés. Mais les entreprises sont-elles prêtes à franchir le pas ?
Une première enquête fait ressortir une majorité de « non » (77 %, sur une base de 411 propsects) au bulletin de paie électronique. Mais 13 % sont tout de même disposés à l’envisager, et 5 % s’en déclarent partisans dès à présent. « Ces 18 % d’opinions favorables, commente Alain Ragot, dg marketing et stratégie d’ADP en France, nous encouragent à aller plus loin. »
Aucune réglementation ne spécifie encore les formats et les sécurisations à donner à ces bulletins de paie électroniques. « Mais il n’y a aucune nécessité à ce que ceux-ci soient différents et plus contraignants que pour les factures électroniques », indique Sabine Lipovetsky, avocate associée chez Kahn& Associés.
ADP devra-t-il alors aller jusqu’à proposer une solution de coffre-fort électronique pour l’archivage de ces bulletins de paie, à la fois pour les entreprises et leurs salariés ? Le prestataire n’exclut évidemment pas de s’associer avec un éditeur spécialisé du marché. Mais son offre sera-t-elle pertinente face à celles que les banques ne manqueront pas de mettre en avant. Il est encore trop tôt pour le dire.
Et le dossier du salarié ? Dans 54 % des entreprises interrogées, il se compose de 5 à 15 pièces. Dans 41 % d’entre elles : de plus de 15 pièces ; 42 % les consultent au moins une fois par semaine ; 20 %, au moins une fois par mois… Pour sûr, la gestion papier de ces dossiers est excessivement dispendieuse. Leur dématérialisation dans un système de GED apporterait un grand confort. Mais celle-ci devra également pour pouvoir prendre en compte, par numérisation-indexation, les documents papiers continuellement fournis par les salariés eux-mêmes (attestations d’arrêt-maladie par exemple). Pour sa future offre globale de « RH sans papier », ADP devrait donc également s’associer à un prestataire spécialisé de scannage.
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