Keynectis et CertEurope divergent sur la signature en ligne

Rédigé par Jean-Claude Streicher le Mardi 15 janvier 2008

Keynectis et CertEurope sont les seuls opérateurs de services de confiance à permettre la signature de contrats en ligne. Mais avec des succès inégaux : une quinzaine de clients pour l’un ; un seul, pour l’autre.

En dix-huit mois, K.WebSign, le service de signature de contrats en ligne conçu par Keynectis pour les sites d’e-commence, a été retenu par une quinzaine d’établissements financiers. Dont Monabanq, les filiales Finaref (vente à distance) et Sofinco (crédits à la consommation) du Crédit agricole ainsi que les caisses régionales du Crédit Agricole elles-mêmes, et cela à terme pour l’ensemble de leurs produits financiers pour les particuliers.

A lui seul, K.WebSign a ainsi généré en 2007 un CA de 600.000 euros sur un résultat total de plus de 9 ME. Et pour 2008, c’est un CA de plus d’un million d’euros qui est visé. K.WebSign est commercialisé dans le secteur bancaire par Altenor, sous le nom de QuickSign. Il est également préconisé, sous le nom de Certificat Fiscal Pro, par le Minefe pour la TéléTVA des PME.

K.WebSign, en fait, et pour faire court, n’est qu’un certificat serveur fourni à la volée et utilisable qu’une seule fois. C’est la raison pour laquelle les établissements financiers cités plus haut ne l’appliquent qu’à des clients déjà bien identifiés, et non pas à de nouveaux clients, qu’ils ne connaissent pas. D’où évidemment un succès de diffusion plus facile.

Démarche inverse chez CertEurope. Son offre CertSign authentifie des contrats signés en ligne, y compris par de nouveaux clients. Pari plus risqué donc, qui nécessite une sécurisation plus forte. Le nouveau client doit ainsi commencer par scanner les pièces justificatives demandées, puis les envoyer par mail. Ces pièces sont ensuite examinées et validées par la banque, qui renvoie par mail un certificat logiciel à installer. Puis le client reçoit le formulaire à signer avec ce certificat.

Aussi, CertSign ne peut-il revendiquer à ce jour qu’une seule référence : Banque Casino, partenaire de Laser Cofinoga, pour la demande de cartes privatives de paiement Cdiscount. Mais qui peut le plus peut le moins : un client déjà identifié est évidemment dispensé de produire par mail des pièces justificatives. Et son certificat CertSign peut être utilisé pour d’autres transactions.

Keynectis, cependant, ne veut pas être en reste. Dès à présent, il travaille à appliquer K.WebSign également aux nouveaux clients, en combinaison notamment avec un centre d’appels. "Notre certificat serveur, détaille Thibault de Valroger, directeur commercial de l’opérateur, serait alors recoupé avec d’autres éléments de preuve comme les coordonnées bancaires, l’enregistrement de la voix ou la vérification par SMS du numéro du téléphone portable du client."

Sur le fond, l’opposition subsistera donc : certificat serveur à usage unique, d’un côté, et certificat client multi-usage de l’autre. Ils se départageront selon le niveau de risque encouru et le coût. Pour des établissements de la taille de Finaref ou Sofinco, le coût de licence de K.WebSign est de l’ordre de 30 000 euros par an, auquel s’ajoute un coût à la transaction de 2-3 euros, qui n’est jamais facturé, en sus, au client final, puisqu’il est inférieur aux frais postaux antérieurs. Ce coût de licence peut évidemment être mutualisé comme c’est déjà le cas pour le Crédit Agricole, au travers d’une plate-forme unique opérée par Cedicam, sa filiale flux et paiements. Pour les petits sites d’e-commerce, le ticket d’entrée de CertSign est pour sa part de 410 euros par mois.


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Alain Laidet, fondateur, E-Business Info.