“Il faut savoir extraire les données utiles des PDF signés”

Rédigé par Jean-Claude Streicher le Lundi 17 décembre 2007

Laurent Blandin, responsable de l’unité d’affaires Dématérialisation au sein du groupe Jouve, s’explique sur son savoir-faire dans la dématérialisation fiscale des factures en format libre.

Vous misez sur la dématérialisation fiscale des factures au format PDF signé. Pourquoi ?

Laurent Blandin : L’EDI est la solution de dématérialisation fiscale adaptée aux émetteurs de gros volumes de factures. Il va donc s’appliquer aux 80 % de factures émises par 20 % des fournisseurs de la grande distribution. Historiquement, Jouve n’est pas un acteur de l’EDI et n’a pas pour vocation de le devenir. Par contre, nous avons acquis une solide expérience dans la numérisation, le traitement et l’archivage des autres factures, généralement non structurées. A ce jour, nous en traitons déjà 6 à 8 millions par an. C’est cette expérience éprouvée, qui nous permet de proposer à nos clients une offre de dématérialisation complète au format PDF signé.

En quoi réside ce savoir-faire ?

LB : Notre expertise consiste à extraire, avec un minimum d’erreurs, toutes les données utiles des images de factures non structurées. Elles sont ensuite classées et disposées en ordre dans le format électronique du récepteur. Elle réside aussi dans notre capacité à réaliser une bonne traçabilité, gage du respect des engagements clients, et à signaler toutes les discordances éventuelles, qui seront alors résolues par vidéo-codage manuel. Nous utilisons nos propres technologies de LAD-RAD et les intégrons pour l’essentiel dans notre nouvelle chaîne de traitement. Dans le cadre de cette offre, nous installons chez les fournisseurs une imprimante virtuelle PDF, qui permet en sortie du logiciel de gestion commerciale de créer une facture en PDF signé. Ces PDF sont ensuite transmis à notre centre de LAD-RAD, qui se charge de leur archivage à valeur probante et de les injecter dans l’ERP du destinataire. Pour la signature électronique, l’horodatage et l’archivage à valeur probante, nous avons retenu les technologies Cecurity.com. Ces serveurs se trouvent également dans notre centre de traitement. Ils garantissent une bonne réversibilité, c’est-à-dire un transfert aisé des documents archivés sur d’autres systèmes en cas de nécessité.

Les leaders de dématérialisation EDI ne pourraient-ils pas en faire autant ?

LB : Certains le proposent, mais j’ai la conviction que les acteurs qui n’ont jamais fait de dématérialisation papier auront beaucoup de mal à extraire des données à partir de formats libres. Dans le cadre d’un projet global qui englobe l’EDI et la dématérialisation fiscale signée, ces acteurs de l’EDI pourront toujours faire appel à nous. Mais si ce projet n’intègre que la dématérialisation fiscale signée, ces leaders n’auront pas d’intérêt à se positionner, car ils devront sous-traiter 100% de cette prestation.

Où en êtes-vous dans vos déploiements ?

LB : Jouve vise la grande distribution. Notre unité d’affaires Dématérialisation est forte aujourd’hui d’une quarantaine de personnes, dont une dizaine sur les PDF signés. Auchan nous a déjà confié en pilote ses flux internationaux et Jouve sera mandaté comme un des founisseurs d’Auchan pour la dématérialisation fiscale et non fiscale, hors EDI, des factures de ses petits fournisseurs (ceux qui n’émettent que cent à mille factures par an). Notre solution intéresse également d’autres enseignes de la distribution, avec qui nous traitons déjà les factures papier.

(Propos recueillis par Jean-Claude Streicher)


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La dématérialisation de documents s'accélère (factures, courriers, contrats, télé-procédures). Leur mise en oeuvre est à la convergence de trois savoir-faire : la GED, l'archivage et la gestion des flux. C'est un monde à découvrir.


Alain Laidet, fondateur, E-Business Info.