SealWeb, signe de maturation du marché de la démat’ ?
| Rédigé par Pierre Berendes le Vendredi 26 octobre 2007 |
Quand un secteur d’activité parle avant tout de technologie, c’est généralement qu’il n’est pas mûr. L’arrivée de SealWeb, montée par deux anciens de chez Fast, peut être vu comme un signe de maturation, où la technique est remise à sa juste place et les aspects métiers reviennent sur le devant de la scène.
Sur le marché informatique en général, la prédominance de jargon technique dans le discours commercial est un signe de manque de maturité. Lorsque ce discours bascule vers des aspects plus métiers, c’est généralement que les clients potentiels ont digéré le volet technique et le laissent de côté pour enfin s’interroger sur ce que la technologie peut leur apporter. L’arrivée de SealWeb peut à ce titre être vu comme un signe de la maturation progressive du marché de la démat’. Cette société ne compte que deux employés, mais non des moindres : Etienne Combet, ancien dirigeant de CDC Numérique, où il s’est occupé entre autres de Fast et d’Achatpublic, et Jérôme Bordier, ex-co-fondateur de Dictao et ex-directeur technique de Fast.
A eux deux, ils ambitionnent d’apporter aux entreprises souhaitant engager un projet de démat’ une compétence à la fois technique, juridique et organisationnelle, sur des missions d’assistance à maîtrise d’ouvrage et de conseil amont, bien avant que n’entrent en scène les Dictao, Certeurope, Arkhinéo et autres b-process.
Il faut dire que depuis le lancement de la structure tout début septembre 2007, ils sont tombés sur des cas troublants, comme cette entreprise qui, engagée dans une chantier de démat’, a littéralement bloqué après distribution des certificats à ses employés : ces derniers, faute de compétences ou de formation, n’ont pas su les installer. Ou cette autre, qui a acheté tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à un certificat sur le marché sans trop savoir quoi en faire ensuite. Ce sont des exemples extrêmes, mais assez symptomatiques de la perplexité des entreprises face à ce type de chantiers, et ce même dans des grands groupes que l’on peut difficilement taxer d’incompétence.
Parmi les sujets d’actualité, on peut en signaler deux :
- le texte sorti au JO en avril dernier portant sur l’obligation de réponse par voie électronique, théoriquement applicable à partir de 2010, mais qui peut déjà être demandée aujourd’hui. De l’avis de plusieurs observateurs (et pas seulement de SealWeb), une telle éventualité reste peu probable aujourd’hui, vue la réticence des entreprises à répondre par voie électronique, qui présente à leur yeux trop d’aléas techniques. Pourtant, certaines grandes entreprises ont déjà demandé à SealWeb de les aider dans la mise en place d’interfaces capables de prendre en compte la diversité des plates-formes de démat’ d’appels d’offres, afin de simplifier la vie de leurs employés chargés d’y répondre.
- la facture électronique, avec la probable multiplication des plates-formes dans un avenir proche, qui risque de poser un problème aux fournisseurs confrontés à des formats hétérogènes. Là encore, l’idée est de monter une application back-office pour les fournisseurs, capable de convertir les données en fonction du client concerné.
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