Bibliothèques et livres numériques : un coût d’accès variable selon le type de consultation ?
| Rédigé par Mark Furness le Lundi 14 mai 2007 |
Les intervenants qui voudront consulter en ligne les ouvrages de la future bibliothèque numérique européenne et, plus largement, de bibliothèques numériques qui se multiplient, devront-ils payer ? Très probablement oui, si l’on en croit les recommandations très intéressantes du rapport que vient de remettre Denis Zwirn à la Bibliothèque nationale de France.
Dans ce rapport, Denis Zwirn n’hésite pas à prendre le contre-pied de la stratégie dominante développée par Amazon et Google. Il propose en effet l’intégration de tous les acteurs du livre électronique, lecteurs, auteurs, éditeurs et ayant droit, au sein d’un modèle économique novateur mais payant.
Ce modèle, qui a le mérite de la transparence de la cohérence, vise clairement à permettre l’entrée des livres et auteurs contemporains dans la BNE. Mais, comme chacun sait, les auteurs contemporains vivant ou leurs ayants droits, s’ils sont décédés depuis moins de 70 ans, peuvent prétendre aux droits d’auteur.
Dès lors, comment résoudre cette quadrature du cercle et permettre à la fois la consultation gratuite des ouvrages numériques et la juste rétribution des auteurs, éditeur et ayant droit ?
La solution à ce problème récurrent est complexe réside, selon le PDG d’Unilog, dans la dissociation des usages. En clair, la recherche d’un extrait de textes à partir d’un mot-clé resterait gratuite, que le livre en question soit récent ou appartienne au domaine public. En revanche, l’accès au texte intégral d’un livre n’étant pas encore tombé dans ce domaine public serait payant afin de permettre la rétribution des ayants droits.
Mais, et c’est là l’autre grande originalité du modèle économique proposé, les consultations payantes pourraient s’effectuer de manière très souple et selon plusieurs modes en fonction de la prestation choisie : le télélecteur pourrait en effet choisir entre plusieurs formules de paiement à l’acte ou d’abonnement selon la fréquence et le niveau de services qu’il choisit.
Ce modèle économique original, souple et évolutif devrait être testé d’ici la fin de l’année dans le cadre de Gallica 2, la version numérique de la BNF. Reste cependant à convaincre un le monde de l’édition de la pertinence d’un tel modèle qui entraînerait inévitablement pour les éditeurs des investissements importants liés à la numérisation de leurs catalogues.
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