Quel avenir pour les RVA ?
| Rédigé par la rédaction le Jeudi 10 mai 2007 |
Alors que les standards de communication inter entreprises gagnent en maturité, nombreux sont ceux qui pronostiquent la fin des RVA (réseaux à valeur ajoutée). Qu’en est-il vraiment ? Internet, associé au standard AS2, sonneront-ils sa fin tragique ?
Comme souvent en matière d’informatique, on aime à spéculer sur l’avenir des anciennes technologies au profit d’Internet. Pourtant, avec le recul dont nous disposons désormais, la réalité est quelque peu différente : non les RVA ne sont pas morts, loin de là !
Les RVA sont reconnus depuis longtemps comme la méthode de communication inter entreprises la plus performante. Ils tiennent toujours lieu de colonne vertébrale pour un grand nombre d’entreprises collaborant ensemble, dans la Distribution ou l’Automobile pour ne citer que ces secteurs. Et rares sont les entreprises qui se risqueraient à mettre en péril leurs échanges de données critiques en les confiant au réseau Internet, malgré ses promesses de réduire les coûts.
Certes, les modèles collaboratifs du futur ne seront pas exclusivement basés sur les RVA. Ils ne seront pas davantage basés exclusivement sur Internet. Ils tiendront plutôt de l’hybride RVA/AS2 : des RVA réétudiés, qui auront évolués pour mieux répondre aux besoins changeants de l’intégration inter entreprises. Encore ne s’agit-il là que du premier pas dans un processus de changement bien plus vaste, qui redéfinira en profondeur les RVA tels que nous les connaissons aujourd’hui.
Historiquement, les RVA répondaient à des besoins de disponibilité de l’information : pour la première et la deuxième génération de solutions RVA, il s’agissait avant tout de connecter des entreprises et de leur permettre d’interagir. Mais le marché de l’EDI a bien évolué depuis ses débuts dans les années 90. Aujourd’hui, échanger de l’information ne suffit plus. Pour pouvoir davantage étendre nos capacités de « e-collaboration », les acteurs économiques ont besoin de transformer rapidement l’information en valeur.
Les anglo-saxons parlent à ce sujet des « 3 A » : Availibility (disponibilité), Analysis, Action.
Le RVA a longtemps été réduit au premier « A » (Availability) et restreint à la simple notion d’échanges entre entreprises ; et jamais il n’a pris en charge les données circulant en interne. Or pour tirer réellement profit du modèle « 3A », il faudrait lui adjoindre en interne des outils applicatifs supplémentaires. On pourrait ainsi mettre en œuvre le deuxième A (Analyser l’information qui circule entre plusieurs partenaires) puis, sur cette base, le 3ème A (i.e. prendre des décisions réfléchies, autrement dit, Agir).
Cependant, même pour une multinationale dotée de gros moyens, il est toujours risqué d’investir massivement pour déployer de nouveaux modes de travail dont les bénéfices seraient nécessairement incertains. C’est pourquoi de nombreuses entreprises préfèrent s’essayer au début à des solutions externalisées regroupant applications et capacités d’intégration multi-entreprises, et qui leur offrent un plus grand degré de flexibilité.
Puis, au fur et à mesure que l’entreprise accorde plus de confiance à ces nouveaux processus et que leur valeur à long terme est prouvée, ces services externalisés sont internalisés avec les investissements appropriés. Dans certains cas toutefois, l’approche hébergée se justifie en elle-même et devient une extension des compétences disponibles dans l’entreprise.
Dans ce contexte, et afin de répondre aux nouvelles attentes des entreprises, fournisseurs de services d’intégration (RVA, Hébergement EDI…) et fournisseurs de services applicatifs (ASP) ont fait tous deux évoluer leurs offres vers des solutions de type BPN (Business Process Networks) : ces Réseaux de Processus Métier, que l’on pourrait qualifier de « super RVA », combinent services réseau et applications hébergées complètes. Ils procèdent d’une évolution naturelle du modèle collaboratif entre entreprises. Pour de nombreux observateurs, ils joueront un rôle clé dans l’adoption de nouvelles fonctionnalités collaboratives et de nouvelles façons de travailler ensemble, tout en minimisant les risques liés à tout changement de modèle, notamment en termes d’investissements informatiques.
Les BPN sont d’autant plus promis à un franc succès qu’ils dotent les entreprises des moyens d’entrer dans l’ère des « 3A » de façon concrète et d’en tirer des bénéfices visibles :
Les données sont disponibles dans le bon format, en provenance ou en direction des bonnes applications (Availability) ; elles peuvent ensuite être analysées (Analysis);
Les exceptions sont détectées, indiquant les événements et situations particuliers sur lesquels il est nécessaire d’intervenir (Action) ;
La gestion intégrée des processus automatise la gestion des exceptions et la résolution des erreurs au fur et à mesure qu’elles se produisent (Action).
Alors qu’il a toujours été coûteux de posséder les outils et les logiciels nécessaires, le BPN est une solution accessible et d’ores et déjà disponible pour un large éventail d’entreprises. Plusieurs acteurs reconnus du marché proposent déjà des solutions BPN. De nombreuses entreprises étudient de près ces solutions, à la fois internes et hébergées, qui permettent contrôle et flexibilité.
Les RVA sont-ils morts ? Clairement, non ! Leur avenir serait même radieux : Ils continuent à évoluer et à s’adapter aux besoins des entreprises, pour devenir BPN, un nouveau modèle hybride associant RVA et AS2.
Eric Daubié, Responsable Marketing Europe de l’Ouest de Sterling Commerce
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