VOD : l’envers du décor

Rédigé par Grégoire Naudin le Jeudi 15 février 2007

Vodeo.fr s’est positionné sur un segment particulier de la VOD : le documentaire/reportage. Leur mise en ligne nécessite tout un travail de formatage. Le potentiel est considérable : il se tourne en France quelque 2.30 documentaires par an, et leur durée de vie est loin d’être limitée à leur seule diffusion à la télé.


La production audiovisuelle ne se limite heureusement pas aux films : il se produit en France chaque année environ 2.300 documentaires de toutes sortes, sans parler des reportages et interviews. Mais jusqu’à une époque récente, revoir un documentaire passé à la télé était quasiment impossible. C’est sur ce segment que s’est engagée La Banque Audiovisuelle, qui édite le site Vodeo.fr.

Les sociétés de production détiennent des catalogues impressionnants de documentaires divers, mais qui sont sous-employés : une fois diffusés, leur valeur chute très vite et rares sont ceux à être re-diffusés. Pourtant, bon nombre d’entre eux ont une durée de vie qui dépasse largement les quelques minutes d’antenne qui leur sont allouées, sans compter ceux qui ne trouvent pas preneur malgré la multiplication des chaînes et vecteurs de diffusion. Sur les 2.300 documentaires déjà mentionnés, seulement 6% sont diffusés en DVD dans le commerce, et pendant des périodes très courtes. D’où l’idée de tirer parti des ces catalogues et de les proposer en ligne.

Encore faut-il s’entendre sur les contrats de diffusion : La Banque Audiovisuelle est arrivée à convaincre des sociétés de production de partir sur du partage de revenus, une notion assez exotique dans une milieu dominé par les minimums garantis. Les producteurs reçoivent 50% du CA net. Mais ils reçoivent aussi des statistiques sur les vidéos téléchargées, une information très importante pour eux dont ils ne disposaient pas auparavant, vues les limites de l’Audimat. Vodeo.fr leur permet de générer du revenu avec un fond de catalogue difficilement exploitable jusqu’à présent, et en plus de savoir quels documentaires plaisent.

L’indexation ne peut se faire qu’à la main

En plus de la numérisation des vidéos, La Banque Audiovisuelle mène tout un travail d’indexation, de rédaction de synopsis et de formatage d’extraits. Une tâche vitale qui ne peut être confiée qu’à des documentalistes : ces données seront répercutées sur des sites partenaires à des fins de promotion. A l’inverse de la production cinématographique pour laquelle des bases de données existent, les programmes doivent être enrichis de contenus périphériques pour être vendus correctement. Un travail énorme qui implique le visionnage de tous les fichiers avant leur mise en ligne, ce qui explique le volume de nouveautés assez limité mis en ligne tous les mois (entre 150 et 200 vidéos). Après un an et demi d’activité, la société a signé 8.500 programmes, et en a mis en ligne près de 2.900.

Trois formats de diffusion sont disponibles : streaming, téléchargement ou gravure de DVD à la demande. La Banque Audiovisuelle appose un DRM à ses fichiers, qui ne peuvent être lus que via un lecteur Windows Media. Les fichiers streamés sont disponibles pendant 48 heures, et ceux téléchargés disposent d’une licence 3 postes. Les DVD sont en revanche au format standard, mais entraînent un surcoût de fabrication et d’expédition. La fourchette de prix se situe de 1 à 4 euros pour le streaming, et de 2 à 9 euros pour le téléchargement. Pour les DVD, les frais d’impression (comprenant jaquette et vignette) reviennent à 6 euros hors frais d’expédition.

Bientôt Internet+

Il sera d’ici peu possible de régler ses vidéos via Internet+, avec débit direct sur la facture du FAI (si le FAI du client en question a adhéré au système de paiement). Ce mode de paiement vient compléter les traditionnels carte de crédit et chèque. En plus du paiement à l’acte, l’acheteur peut opter pour des forfaits pré-payés. Il est aussi question de proposer dans peu de temps un système d’abonnement.

Le dernier point à aborder concerne l’hébergement. Frédéric Pie, fondateur de Vodeo.fr, estime qu’il n’y a que quatre ou cinq hébergeurs susceptibles de faire correctement de la VOD en France à l’heure actuelle : Yacast (son prestataire), Akamai, Hypercast, TV-Radio et France Streaming. La vidéo nécessite en effet un savoir-faire assez particulier, qui n’est pas monnaie courant chez les hébergeurs.

La Banque Audiovisuelle emploie à l’heure actuelle 18 personnes, dont 5 sont chargées de négocier les contrats avec les ayant-droits. La société a été créée en mars 2004, et le site a été lancé en septembre 2005. Elle a levé un total de 5 Me depuis sa création, dont 3 Me auprès d’investisseurs privés anglo-saxons, à une époque où le phénomène YouTube était complètement absent des écrans radar des investisseurs français.

www.vodeo.fr

 


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